Intranquille

intranquille
l’apatride
ne sait où aller
il a planté son rêve
dans un poème
pulvérisé

il rit
il pleure
refait le monde
avec d’autres
qui lui ressemblent
sans papiers
sans passeports
sans visas
mais pas sans espoirs
compagnons d’infortune
en zone d’inconfort
aéroport
ville du sud
carte postale

intranquille
l’apatride
ne sait où aller
il a planté son rêve
dans un poème
pulvérisé

il ne passera pas la frontière
ne retrouvera pas son amour
qui l’attendait de l’autre côté du mur
et pourtant il sourit, regard embué
il sourit d’avoir essayé
d’avoir réussi, à presque la toucher
il sourit et nous donne une leçon :
vivre sans amour
ce n’est pas vivre

intranquille
l’apatride
nous parle
de lui
et de nous
de la houle des mers écumées
des pays traversés et des foules menaçantes qui défoulent leur haine très souvent sur le dernier venu, étranger perdu
à la recherche de sa rue

de la paix dans le monde
l’apatride nous parle
des regards de travers
de sa vie, chemin de croix
tragique déroute
et route de traverse
infernale traversée

l’intranquille apatride nous parle
de toutes les portes closes
de ses larmes versées
des insultes, des crachats, des coups tordus
mais aussi des mains tendues
et des maisons grandes ouvertes
aux âmes errantes
et aux instants de partage
entre humains véritables

l’intranquille apatride nous parle
de lui
et de nous
de cette lumière au bout
qui brille toujours en lui
dans le sourire de sa mie
sa belle, âme amoureuse, amie

intranquille
l’apatride
lève la tête
ils sont là
il doit les suivre
déjà
(re)partir
loin d’elle
qu’il aime
plus qu’il ne s’aime
lui-même
loin de ce pays
dont il n’aura pu sentir
la caresse délicate du soleil

intranquille
l’apatride
s’en va
serein
il nous salue, sourit
encore du coeur
puis s’envole
digne héraut
d’une époque
opaque

Le jour se lève

j’écris
pour ne pas
crier

MAOB

#écrirejustejusteécrire
#écrirepournepasvivreinutile
#lostintranslation

 

IntranQuille à Bruxelles

Un samedi soir intranQuille à Bruxelles la belle, en pleine action d’insurrection amoureuse orchestrée par le poète James Noel. Merci à toutes et tous sur scène, Emmelie Prophète, Martine Fidèle, Dominique Gillerot, Geneviève, Makenzy Orcel, Rodney Saint-Éloi, Dorcy Rugamba, Dany Laferrière, James et Babx, pour le partage. Des poèmes et du feu…
Merci à Dominique et toute l’équipe de Cec Ong, pour l’invitation et le chaleureux accueil à la manif de rêve général « Ayiti La » !!!
Merci au public pour la belle écoute, et les échanges précieux à la fin de la soirée.
Et merci encore à Dany Laferrière, pour son élégance d’âme et le noeud pap « made in Mada » qu’il m’a offert, un brin taquin : « le dandy, c’est toi » 🙂 

One Love !!!