La première fois

La première fois
Que je me suis suicidé
J’avais vingt ans.

Une hirondelle avait tiré
Sur un chasseur, qui aurait pu faire
Le printemps.

La poésie
M’a ramené
A la vie
A la rive
De mon rêve
Reporté.

Depuis

Je ressuscite
Jour et nuit

Dans chaque poème
Que j’écris.

J’avance
Dans le noir

L’esprit à la dérive

En marchant sur les cendres bleues
De ma mélanfolie douce.

Je ressuscite toujours

Quand le jour

Se fait
Demoiselle
D’honneur
De mon coeur
Nuit de noces
De mes mots volcans
Fête païenne
De mes songes ardents.

La première fois
Que je me suis suicidé
J’avais vingt ans.

La poésie
M’a ressuscité.

MAOB

Texte extrait de mon prochain recueil, né à Port-au-Prince, ville-poème

marc-alexandre-oho-bambe-port-au-prince

Ei i ya pour Dany

Tout bouge autour de Dany Laferrière, depuis hier.

L’écrivain japonais en pyjama, dont l’une des ambitions premières a toujours été d’être une bonne nouvelle pour son pays Ayiti, est entré à l’Académie Française.

Mais qui est Dany Laferrière ?

Un « animal tropical » résidant à Montréal.

Et un auteur génial.

Haïtien, québécois, citoyen du monde habitant sa propre langue, Dany Laferrière a passé Les années 80 dans sa vieille Ford et sur sa Remington 22, écrivant comme il vit. Comme il dit. Comme il lit.

Depuis « Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer » , l’enfant de Petit-Goâve poursuit sa dérive douce.

Vers l’éternité.

De Laferrière j’aime l’homme au regard enjoué et à la plume rieuse, le sens de la formule, et les titres, aussi savoureux les uns que les autres : « Le goût des jeunes filles » , « Cette grenade dans la main du jeune noir est-elle une arme ou un fruit ? », « L’énigme du retour » , « Eroshima », « Le charme des après-midi sans fin », « Le cri des oiseaux fous », « Vers le sud », « L’art presque perdu de ne rien faire », « Pays sans chapeau », « Je suis fatigué », « L’odeur du café » …

Immortel, il peut avoir sourire aux rêves.

Et nous aussi.

Tout bouge autour de nous.

En ces temps de crispation identitaires, des portes closes s’ouvrent.

Au divers. A la relation. Au monde.

Et c’est plutôt bon signe.

Ei i ya pour Dany !!!

 

Marc Alexandre Oho Bambe

Chronique sur Africultures