Soleils noirs

Soleils
Soleils
Soleils noirs
Comme les disques
De jazz
De mon père
Vyniles qui tournent
En boucle

Dans ma mémoire

« Ongele mba »
Résonne
Comme jamais
Dans la maison devant le monde
Un saxophone pleure
Mais l’illustre « Tonton » nous souffle
Au cœur
De nous souvenir
De lui
Toujours
Dans la liesse claire et profonde
Qu’il affichait ce jour-là
Ensemble

Soleils
Soleils
Soleils noirs
Comme les disques
De jazz
De mon père
Vyniles qui tournent
En boucle

Dans nos mémoires

En deuil

Musiki mwa sù
Mù mèndè wemsè
Bawédi

MAOB

One Love !!!

Merci à Soro Solo, Binda Ngazolo, Emil Abossolo-Mbo, Albert Morisseau Leroy et au tonton Dibango pour l’énergie de cette photo, à la sortie du studio de France Inter, où nous venions de nous enjailler en live dans « L’Afrique en Solo ».

#Omulema
#NaNdolo
#OngeleMba
#Restinpoetry

Confiné À Abidjan

Confiné
À Abidjan
Réfugié
Dans un livre
J’écris

Sans masque
Je tresse
Bouquet
De mots
De lumière
Intense

La poésie peut
Être
Une main
Tendue
Lavée
De tout soupçon

Alors
Je respire
Adossé à la beauté
Intranquille
Et serein
À la fois

Je ne compte pas
Les jours
Je ne décompte pas
Les morts
Je conte
L’amour
Et compte
(Sur) Les vivants
Les vibrants
Pour nous ramener
À l’essentiel
Essence du ciel
En nous

Il faut continuer
À croire
Au soleil
Devant
Dont la caresse
Nous attend
Là-bas
Au levant
De la conscience
Des condamnés que nous sommes
À vivre
Ou mourir
Ensemble

Qui veut la paix
Prépare la paix
Adresse
À chacune, à chacun
À toutes et tous
Aux gouvernements
Et aux peuples
Du Nord et du Sud
De l’Ouest et de l’Est
D’éden qui n’existe
Nulle part
Nulle part
En dehors de nous

« Découragement n’est pas ivoirien » m’a confié Placide, un jeune frère écrivant de profil.
Nous avons ri et métissé le fil et l’affaire. Découragement n’est pas humain, car c’est bien d’humanité qu’il s’agit, devant faire face à elle-même, front commun contre la catastrophe annoncée, si nous voulons escalader le désastre et nous donner des chances de serrer bonheur et insouciance à nouveau.

Demain.

MAOB

One Love !!!

#TourDuMondePoétique
#LifeisAPoetrip
#écrirejustejusteécrire
#FromGrandBassamWithLove

Reprendre La route Du retour

Reprendre
La route
Du retour

Rempli d’air
Et d’art
Purs

Partir
Revenir
Devenir

Je suis parti souvent
Voir ailleurs
Si j’y étais
Et j’y étais
En effet
Humain
Parmi d’autres humains
En fête
Grands brûlés
De l’existence

De mes voyages
Je suis revenu
Toujours grandi
Fracassé
Souffrant d’embellie
Pulmonaire
Sidéré
De beauté
La beauté du monde
À partager avec la terre entière

Je suis devenu
Horizon
Bleu
Azur
Espoir
Désir
Ardent
Poème
Au coin des lèvres
Au bord des rêves

Droit
Devant
La vie
Le jour
La lumière
Le soleil
Debout
Dans le vide
Nos pays
Et moi, en émoi

Il y a tant
À écrire
Tant
À dire
Tant
À faire
Et à défaire
Encore
Ensemble

Pour nous sauver
De nous-mêmes
Nous élever
Vers nous m’aime

Enfin

MAOB

One Love !!!

#TourDuMondePoétique
#LifeisAPoetrip
#écrirejustejusteécrire
#FromGrandBassamWithLove

Demain est annulé

Demain est annulé
C’est la fin du monde
Ou plutôt, la fin d’un monde ?

L’avenir envolé
La mondialisation est arrêtée
Pour une durée indéterminée
La mondialité peut commencer

Peut-être

À quoi sert la poésie ?

Question (spi)rituelle que (je me) pose depuis plus de 20 ans

Et j’entends toujours Césaire, fondamental, me répondre :

« À supporter le monde.  »

Tout est dit.

Mais je dirai aussi, pour continuer le professeur, et l’espérance, en toute humilité.

La poésie

Nous rappelle
À nous-mêmes

Vulnérables

Fragiles

Précaires

Humains

Capables

Et coupables

Du meilleur

Comme du pire

Ces gens aux fenêtres qui chantent et applaudissent

C’est de la poésie

En chacune, en chacun

Confiné(e)

Tous ces élans de solidarité, ces gestes de tendresse salutaires

C’est de la poésie

Toutes ces initiatives créatives qui fleurissent au printemps, créatrices de beauté et d’harmonie, ces partages par milliers de musique, d’images et de mots, d’émotions précieuses, de culture, qui relèvent et élèvent

C’est de la poésie

Toutes ces mains sur le cœur, à défaut d’être tendues, ces mains à l’ouvrage d’aider, d’aimer, d’aimer aider

C’est de la poésie

La poésie nous rappelle
À nous-mêmes

Nous rêverons
Nous créerons
Ou nous crèverons
Ensemble

La poésie nous rappelle que parfois nous nous inscrivons en faux

Contre nous-mêmes

Elle nous met

Face

À nos urgences oubliées
Nos vies falsifiées
Nos songes déroutés
Nos chemins intérieurs perdus
Dans la frénésie des jours qui passent
Avec ou sans nous

Face

À nous-mêmes
Donc
Nu(e)s et à nu
Sans voile
Sans fard
Ni masques de pluie

Face

Aux farces de l’ordre
Du désordre mondial
Qui lui-même jouit de nous
Contraindre à vivre sans quête de sens
Face contre terre nez dans le guidon
À vive allure droit dans le mur

Demain est annulé
C’est la fin du monde
Ou plutôt, la fin d’un monde ?

À Grand-Bassam
Sur une plage suppliciée
Des enfants jouent
Candides innocents
Comme tous les enfants du monde
Je les regarde co-vivre
Courir ensemble
Derrière la joie ronde
Comme un ballon aux couleurs vives
J’ai un sourire dans les yeux
Fixés sur mes pensées

C’est de la poésie

Toutes et tous
Au balcon
Comme hier à la terrasse
De nous-mêmes

C’est de la poésie

Aux Armes Miraculeuses
Citoyennes, citoyens
Nous ne nous en sortirons pas
Sans délicatesse pour nous-mêmes

C’est de la poésie

Confinée

En chacune, en chacun

Confisquée
Parfois
Par le temps qui manque
Et toutes ces choses qui nous pressent
De vivre, mais est-ce donc vivre ?
Sans liesse profonde, aux abois et en proie
Aux stress quotidiens que nous nous infligeons nous-mêmes librement

La poésie nous (r)amène

À la rive de nos rêves reportés
À la rime de nos espoirs déportés
À l’arrêt de nos « je » d’ego sans égal
À l’art qui nous lie et nous livre
Au mystère des étoiles ramassées
Dans la fange ou sous les pavés de cette plage
D’Afrique éternelle

La poésie nous rappelle

Dans les feuillets d’Hypnos, et la voix de Char, substantielle

Qu’il faut « beaucoup nous aimer, cette fois encore, respirer plus fort que le poumon du bourreau »

La poésie nous rappelle

À nous-mêmes

Vivants
Vibrants
Mortels
Agissant souvent
Comme inconscients
De notre finitude
Moquant les bienveillants, les bienfaisants
Qui tentent d’habiter le monde, élégants
Faisant face aux cyniques et aux vulgaires
En conflit permanent

En guerre

Contre le sens

Contre le noble

Contre la paix

Contre la terre

Contre toutes, contre tous

Et contre eux-mêmes

Aussi

Les sourires échangés entre le gars et la go là-bas

C’est de la poésie

Les textes que Fred et Albert m’écrivent via whattsap depuis une semaine, presque à la même heure bleue, l’heure de nous-mêmes

C’est de la poésie

Tous ces cœurs blottis les uns contre les autres, tout contre, toutes ces personnes qui offrent leur art, font leur part, fondent rempart contre la peur

C’est de la poésie

Le frangin croisé près d’Adjamé, avec son masque..sur le front, clamant haut et fort « virus là peut pas arriver ici, on a piment, gnamankou et soleil, virus là va faire comment ? », tout en me demandant un peu de gel pour les mains

C’est de la poésie

Dans le rire aux éclats qui a suivi sa phrase étincelle d’humour enragé

Demain est annulé
C’est la fin du monde
Ou plutôt, la fin d’un monde ?

L’avenir envolé
La mondialisation est arrêtée
Pour une durée indéterminée
La mondialité peut commencer

Peut-être

« À quoi bon les poètes en temps de détresse ? »
Se demandait Holderlin

Et j’entends Hugo, solennel, répondre :

« Le poète en des jours impies
Vient préparer des jours meilleurs.
Il est l’homme des utopies;
Les pieds ici, les yeux ailleurs.
C’est lui qui sur toutes les têtes,
En tout temps, pareil aux prophètes,
Dans sa main, où tout peut tenir,
Doit, qu’on l’insulte ou qu’on le loue,
Comme une torche qu’il secoue,
Faire flamboyer l’avenir! »

Je n’ai jamais eu de distance avec la poésie.
C’est un fait et une fête d’âme, qui sauve la vie.
Donne souffle au souffle, redonne la vue.
À celles et ceux, embrigadés, broyés, aveuglés par le système aujourd’hui enrayé, après avoir essayé et presque réussi à rayer partout sur la carte du globe, les valeurs de dignité, de compassion, d’empathie, d’alterité, d’humanité responsable.

Alors peu importe que l’on m’accuse.

De croire.

Croire, que demain peut être.

Car demain sera.

Ce que nous en ferons, collectivement.

Oui peu importe, que l’on m’accuse.

« Pour ma défense, je dirai que je suis poète »

Comme Rodney, loa de feu.

Et la poésie nous appelle.

À emprunter de nouveaux chemins sur la mer.

Et l’amour.

La poésie nous appelle.

Au polemos.

Ratons notre mort.

Et apprenons à revivre.

À hauteur de femmes et d’hommes.

Justes debout.

MAOB

One Love !!!

#TourDuMondePoétique
#LifeisAPoetrip
#FaireSaPartFaireRempart
#FromGrandBassamWithLove

Réapprendre à vivre

Réapprendre à vivre
C’est bien de cela qu’il s’agit…

Offert en partage ce texte fleuve, mis en musique par l’ami frère Alain Larribet, morceau de 18 minutes bleues, à écouter en cliquant sur le lien : capitainealexandre.com/fragments 

Pour tenir, tenir bon, tenir beau.

Ensemble !!!

Le courage était le thème du printemps des poètes cette année. C’est peut-être, le thème d’une vie finalement.

Alors courage à chacune, à chacun, à toutes et à tous.

Force et tendresse.

One Love !!!

 

Collé à la vitre De la réalité

Collé à la vitre
De la réalité

Je regarde
L’humanité
Faire comme
Elle peut
Apeurée
Confinée
Résignée
Combattante
Résistante

Things fall apart
Du nord au sud
De l’ouest à l’est
D’eden qui
N’existe pas
Nous sommes requis
À la barre du navire
Bateau vivre qui tangue
Dans la tempête traversée

Collé à la vitre
De la réalité

J’écoute Sting et Bob Marley
Chanter
L’un nous rappelle
How fragile we are
Et l’autre nous dit de croire en l’avenir
Everything’s gonna be alright
Right
Here entre les lignes
La vie qui passe, doucement doucement

Collé à la vitre
De la réalité

Je réfléchis
À notre condition
Humaine
Spartiate
Masquée
Le temps est venu
Peut-être, sûrement
Vraiment, radicalement
D’oser devenir des êtres plus grands que nous

MAOB

From Babi, with love.

One !!!

#écrirejustejusteécrire
#Demainsera

Clap de fin pour nous au MASA cette année

On est là…

Clap de fin pour nous au MASA cette année.
En 4 jours nous avons inoculé le virus de la littérature et de la poésie monde, et donc de la vie, à environ 2000 enfants de Côte d’Ivoire venus assister à nos lectures scéniques.
Merci aux établissements qui nous ont confié leurs élèves pendant ces matinées de liesses claires et profondes, malgré les galères techniques et les failles d’organisation des premiers jours.

« La poésie reçoit sur rendez-vous » dit Castera, nous y étions, et à l’heure, bleue, de nous-mêmes.

Debout.

Heureux et fier d’avoir la direction artistique de cette aventure fiévreuse, bouleversé de voir ces gamines et ces gamins d’Afrique, donc du monde, sortir de la salle contaminés par notre amour des mots vivants.

L’humanité, belle, peut être.

Contagieuse, elle aussi.

Na som jita, encore et encore, à la team de cette année, Odile Sankara, Ôté Ngando, Na Hassi, Amee, Serge Epoh et Marsi Essomba, pour le partage.

Des sourires, et du stress parfois

Des poèmes.

Et du feu.

Na som jita, à Maïmouna Coulibaly, pour sa confiance depuis tant d’années et pour sa bienveillance de toujours.

Et aux kids de Babi qui nous ont portés, si haut, si loin, si près du cœur, je souhaite le meilleur.

Pour la vie.

One Love !!!

#TourDuMondePoétique
#LifeisAPoetrip
#OASSLLExperience
#MASA2020
#LecturesScéniques
#Abidjanestdoux
#ArracherLaJoie

Au MASA à Abidjan… Sur La Lune

On est là…

Au MASA à Abidjan… Sur La Lune.
Merci pour cette première matinée ensemble, aux quatre fantastiques Amee, Ôté Ngando, Na Hassi et Odile Sankara, et à mon ami frère Marsi Essomba.
Merci pour la confiance et le partage.
Des poèmes et du feu.

Et à Maïmouna Coulibaly, toute mon affection et ma tendresse, et un na som jita pour l’organisation de lectures scéniques, moment de littérature et de poésie monde au cœur du marché.

Merci aux établissements ivoiriens qui adhérent plus nombreux à chaque édition, aux enseignants et aux élèves pour leur présence chaleureuse et leur écoute.

On recommence demain, et après-demain, et…

Cela fait plein sens.

One Love !!!

#TourDuMondePoétique
#LifeisAPoetrip
#MASA2020
#LecturesScéniques

Bien arrivé en Côte d’Ivoire, pour le MASA

Parce que la poésie
(Comme la vie)
N’attend pas
Reprendre
La route
Du rêve
Le roman prochain
Derrière soi
Les lumières d’Oujda
Ne s’eteindront jamais
C’est un fait
D’armes
Miraculeuses
Et une fête
D’âme à âmes
Tragique et heureuse

J’écris

MAOB

One Love !!!

Bien arrivé en Côte d’Ivoire, pour le MASA.
Babi, on dit quoi ?

#TourDuMondePoétique
#LifeisAPoetrip
#MASA2020