Babi By day By night Avant pendant après

Babi
By day
By night
Avant pendant après
Le MASA
La vie qui bat
Des ailes
Encore elle
Toujours elle
La vie
Confinée
Au cœur
Du cœur
La Villa Poème
Résidence d’art
De vivre
Pour tenir
Faire advenir
Le jour
D’après
Les sessions studieuses
En studio
Dans le quartier d’Aya
L’amitié
Et la fraternité rieuse
Les matins clairs
Et les aubes écarlates
Nos soirées Allocodrome
Et nos nuits mauves alcoolisées
De poésie sans fard ni masque
Le chant du coq
Les mots de Rodney
Mon featuring avec la pluie
Les oiseaux dans ma voix
Tant de souvenirs fabriqués
À la lueur de la lampe-tempête
En moi
Le vertige du monde
Et l’émoi du voyage sans fin
Qui commence
Et recommence toujours

Sur les ondes de Radio Nova

On est là …

Sur les ondes de Radio Nova, en belle compagnie des poètes Rahim le parolier du Karthala, Maxime Kouame dit Kon’G et Yao Placide Konan.
Merci à Bintou Simporé qui a passé dans son émission Néo Géo, notre titre « Poètes confinés » composé et enregistré à Abidjan par le talentueux Gael Ezra.

Chroniques ivoiriennes en temps de covid sur Le Point

On est là… 🙂

Merci à Malick Diawara, rédac chef, pour le partage de mes mots sur le site du Point.

Voici la première de mes « Chroniques ivoiriennes en temps de covid », série de textes nés ici, au pays de Dadié où je vis et vibre depuis un mois, confiné.

Merci aux ami(e)s de Babi pour lesquel(le)s « akwaba » n’est pas seulement un mot, à la Villa Kaidin qui m’accueille chaleureusement et me permet de transformer mon confinement en résidence d’écriture au coeur d’un poème.

On est ensemble, et la vie est toujours, soleil devant !!!

Crédit photo: Ken Wongyoukhong qui sait regarder les êtres comme personne.

One Love !!!

#écrirejustejusteécrire
#FromBabiWithLove

À l’ombre des manguiers

À Abidjan
Comme à Douala
J’écris
À l’ombre des manguiers
De mon enfance
Tropicale
J’ai mangé mes silences
Et me suis ouvert
Les veines
Le chemin
De mon âme
Vers l’amour
Que je couve
Qui me court
Toujours
Et encore
Dans le corps
J’ai le cœur
Qui coule

D’encre

De sang

De larmes

De peines

Et de joies

Écrire c’est prendre la mer

MAOB

One Love !!!


#TourDuMondePoétique
#LifeisAPoetrip
#écrirejustejusteécrire
#FromBabiWithLove

Silence

Silence

On tourne
En rond
Sur nous-mêmes
En conscience pleine
Et dérision profonde
De notre condition humaine
Évanescence

Nous ne sommes que solitude

Silence

On touche
La ligne d’horizon
De nos cyclones intérieurs
La paix n’est rien sans la peur
De la perdre
Nous sommes
Des aubes nostalgiques

De nous-m’aime

Silence

On tisse
Nos voix
On métisse
Nos langues
On musique vibrante
On bat la mesure vivante
On danse au tempo lancinant du temps

Qui

Nous

Tue

Et

Ressuscite

En

Nous

Des rêves enfouis qui s’étaient fait la malle à force de ne pas être, mal traités par nos quotidiens parfois sans rime ni raison.

Silence

On tousse

Des mots

Et des espoirs arborescents

Pour dire

Encore

Notre soif

Intarissable

De poésie

Inaltérable

Notre faim

Insatiable

Du monde

MAOB

One Love !!!

Poème tressé de silences, en réponse à Paul Wamo, frère volcan. Oléti !!!

#TourDuMondePoétique
#LifeisAPoetrip
#écrirejustejusteécrire
#FromGrandBassamWithLove

Reprendre La route Du retour

Reprendre
La route
Du retour

Rempli d’air
Et d’art
Purs

Partir
Revenir
Devenir

Je suis parti souvent
Voir ailleurs
Si j’y étais
Et j’y étais
En effet
Humain
Parmi d’autres humains
En fête
Grands brûlés
De l’existence

De mes voyages
Je suis revenu
Toujours grandi
Fracassé
Souffrant d’embellie
Pulmonaire
Sidéré
De beauté
La beauté du monde
À partager avec la terre entière

Je suis devenu
Horizon
Bleu
Azur
Espoir
Désir
Ardent
Poème
Au coin des lèvres
Au bord des rêves

Droit
Devant
La vie
Le jour
La lumière
Le soleil
Debout
Dans le vide
Nos pays
Et moi, en émoi

Il y a tant
À écrire
Tant
À dire
Tant
À faire
Et à défaire
Encore
Ensemble

Pour nous sauver
De nous-mêmes
Nous élever
Vers nous m’aime

Enfin

MAOB

One Love !!!

#TourDuMondePoétique
#LifeisAPoetrip
#écrirejustejusteécrire
#FromGrandBassamWithLove

Demain est annulé

Demain est annulé
C’est la fin du monde
Ou plutôt, la fin d’un monde ?

L’avenir envolé
La mondialisation est arrêtée
Pour une durée indéterminée
La mondialité peut commencer

Peut-être

À quoi sert la poésie ?

Question (spi)rituelle que (je me) pose depuis plus de 20 ans

Et j’entends toujours Césaire, fondamental, me répondre :

« À supporter le monde.  »

Tout est dit.

Mais je dirai aussi, pour continuer le professeur, et l’espérance, en toute humilité.

La poésie

Nous rappelle
À nous-mêmes

Vulnérables

Fragiles

Précaires

Humains

Capables

Et coupables

Du meilleur

Comme du pire

Ces gens aux fenêtres qui chantent et applaudissent

C’est de la poésie

En chacune, en chacun

Confiné(e)

Tous ces élans de solidarité, ces gestes de tendresse salutaires

C’est de la poésie

Toutes ces initiatives créatives qui fleurissent au printemps, créatrices de beauté et d’harmonie, ces partages par milliers de musique, d’images et de mots, d’émotions précieuses, de culture, qui relèvent et élèvent

C’est de la poésie

Toutes ces mains sur le cœur, à défaut d’être tendues, ces mains à l’ouvrage d’aider, d’aimer, d’aimer aider

C’est de la poésie

La poésie nous rappelle
À nous-mêmes

Nous rêverons
Nous créerons
Ou nous crèverons
Ensemble

La poésie nous rappelle que parfois nous nous inscrivons en faux

Contre nous-mêmes

Elle nous met

Face

À nos urgences oubliées
Nos vies falsifiées
Nos songes déroutés
Nos chemins intérieurs perdus
Dans la frénésie des jours qui passent
Avec ou sans nous

Face

À nous-mêmes
Donc
Nu(e)s et à nu
Sans voile
Sans fard
Ni masques de pluie

Face

Aux farces de l’ordre
Du désordre mondial
Qui lui-même jouit de nous
Contraindre à vivre sans quête de sens
Face contre terre nez dans le guidon
À vive allure droit dans le mur

Demain est annulé
C’est la fin du monde
Ou plutôt, la fin d’un monde ?

À Grand-Bassam
Sur une plage suppliciée
Des enfants jouent
Candides innocents
Comme tous les enfants du monde
Je les regarde co-vivre
Courir ensemble
Derrière la joie ronde
Comme un ballon aux couleurs vives
J’ai un sourire dans les yeux
Fixés sur mes pensées

C’est de la poésie

Toutes et tous
Au balcon
Comme hier à la terrasse
De nous-mêmes

C’est de la poésie

Aux Armes Miraculeuses
Citoyennes, citoyens
Nous ne nous en sortirons pas
Sans délicatesse pour nous-mêmes

C’est de la poésie

Confinée

En chacune, en chacun

Confisquée
Parfois
Par le temps qui manque
Et toutes ces choses qui nous pressent
De vivre, mais est-ce donc vivre ?
Sans liesse profonde, aux abois et en proie
Aux stress quotidiens que nous nous infligeons nous-mêmes librement

La poésie nous (r)amène

À la rive de nos rêves reportés
À la rime de nos espoirs déportés
À l’arrêt de nos « je » d’ego sans égal
À l’art qui nous lie et nous livre
Au mystère des étoiles ramassées
Dans la fange ou sous les pavés de cette plage
D’Afrique éternelle

La poésie nous rappelle

Dans les feuillets d’Hypnos, et la voix de Char, substantielle

Qu’il faut « beaucoup nous aimer, cette fois encore, respirer plus fort que le poumon du bourreau »

La poésie nous rappelle

À nous-mêmes

Vivants
Vibrants
Mortels
Agissant souvent
Comme inconscients
De notre finitude
Moquant les bienveillants, les bienfaisants
Qui tentent d’habiter le monde, élégants
Faisant face aux cyniques et aux vulgaires
En conflit permanent

En guerre

Contre le sens

Contre le noble

Contre la paix

Contre la terre

Contre toutes, contre tous

Et contre eux-mêmes

Aussi

Les sourires échangés entre le gars et la go là-bas

C’est de la poésie

Les textes que Fred et Albert m’écrivent via whattsap depuis une semaine, presque à la même heure bleue, l’heure de nous-mêmes

C’est de la poésie

Tous ces cœurs blottis les uns contre les autres, tout contre, toutes ces personnes qui offrent leur art, font leur part, fondent rempart contre la peur

C’est de la poésie

Le frangin croisé près d’Adjamé, avec son masque..sur le front, clamant haut et fort « virus là peut pas arriver ici, on a piment, gnamankou et soleil, virus là va faire comment ? », tout en me demandant un peu de gel pour les mains

C’est de la poésie

Dans le rire aux éclats qui a suivi sa phrase étincelle d’humour enragé

Demain est annulé
C’est la fin du monde
Ou plutôt, la fin d’un monde ?

L’avenir envolé
La mondialisation est arrêtée
Pour une durée indéterminée
La mondialité peut commencer

Peut-être

« À quoi bon les poètes en temps de détresse ? »
Se demandait Holderlin

Et j’entends Hugo, solennel, répondre :

« Le poète en des jours impies
Vient préparer des jours meilleurs.
Il est l’homme des utopies;
Les pieds ici, les yeux ailleurs.
C’est lui qui sur toutes les têtes,
En tout temps, pareil aux prophètes,
Dans sa main, où tout peut tenir,
Doit, qu’on l’insulte ou qu’on le loue,
Comme une torche qu’il secoue,
Faire flamboyer l’avenir! »

Je n’ai jamais eu de distance avec la poésie.
C’est un fait et une fête d’âme, qui sauve la vie.
Donne souffle au souffle, redonne la vue.
À celles et ceux, embrigadés, broyés, aveuglés par le système aujourd’hui enrayé, après avoir essayé et presque réussi à rayer partout sur la carte du globe, les valeurs de dignité, de compassion, d’empathie, d’alterité, d’humanité responsable.

Alors peu importe que l’on m’accuse.

De croire.

Croire, que demain peut être.

Car demain sera.

Ce que nous en ferons, collectivement.

Oui peu importe, que l’on m’accuse.

« Pour ma défense, je dirai que je suis poète »

Comme Rodney, loa de feu.

Et la poésie nous appelle.

À emprunter de nouveaux chemins sur la mer.

Et l’amour.

La poésie nous appelle.

Au polemos.

Ratons notre mort.

Et apprenons à revivre.

À hauteur de femmes et d’hommes.

Justes debout.

MAOB

One Love !!!

#TourDuMondePoétique
#LifeisAPoetrip
#FaireSaPartFaireRempart
#FromGrandBassamWithLove

Collé à la vitre De la réalité

Collé à la vitre
De la réalité

Je regarde
L’humanité
Faire comme
Elle peut
Apeurée
Confinée
Résignée
Combattante
Résistante

Things fall apart
Du nord au sud
De l’ouest à l’est
D’eden qui
N’existe pas
Nous sommes requis
À la barre du navire
Bateau vivre qui tangue
Dans la tempête traversée

Collé à la vitre
De la réalité

J’écoute Sting et Bob Marley
Chanter
L’un nous rappelle
How fragile we are
Et l’autre nous dit de croire en l’avenir
Everything’s gonna be alright
Right
Here entre les lignes
La vie qui passe, doucement doucement

Collé à la vitre
De la réalité

Je réfléchis
À notre condition
Humaine
Spartiate
Masquée
Le temps est venu
Peut-être, sûrement
Vraiment, radicalement
D’oser devenir des êtres plus grands que nous

MAOB

From Babi, with love.

One !!!

#écrirejustejusteécrire
#Demainsera

Clap de fin pour nous au MASA cette année

On est là…

Clap de fin pour nous au MASA cette année.
En 4 jours nous avons inoculé le virus de la littérature et de la poésie monde, et donc de la vie, à environ 2000 enfants de Côte d’Ivoire venus assister à nos lectures scéniques.
Merci aux établissements qui nous ont confié leurs élèves pendant ces matinées de liesses claires et profondes, malgré les galères techniques et les failles d’organisation des premiers jours.

« La poésie reçoit sur rendez-vous » dit Castera, nous y étions, et à l’heure, bleue, de nous-mêmes.

Debout.

Heureux et fier d’avoir la direction artistique de cette aventure fiévreuse, bouleversé de voir ces gamines et ces gamins d’Afrique, donc du monde, sortir de la salle contaminés par notre amour des mots vivants.

L’humanité, belle, peut être.

Contagieuse, elle aussi.

Na som jita, encore et encore, à la team de cette année, Odile Sankara, Ôté Ngando, Na Hassi, Amee, Serge Epoh et Marsi Essomba, pour le partage.

Des sourires, et du stress parfois

Des poèmes.

Et du feu.

Na som jita, à Maïmouna Coulibaly, pour sa confiance depuis tant d’années et pour sa bienveillance de toujours.

Et aux kids de Babi qui nous ont portés, si haut, si loin, si près du cœur, je souhaite le meilleur.

Pour la vie.

One Love !!!

#TourDuMondePoétique
#LifeisAPoetrip
#OASSLLExperience
#MASA2020
#LecturesScéniques
#Abidjanestdoux
#ArracherLaJoie