Personne ne dit Freedom comme Nina Simone

Personne
Ne dit
Freedom
Comme Nina Simone
Non personne
Ne porte
Liberté
Dans sa voix
Comme elle
La chante
L’enchante
Et lui donne
Des ailes
Pour voler vers nous
 
Nous envoler vers elle
 
Young
Black
And gifted
I was
I’m still
Black
And gifted
La vie, elle
Est passée
Plus vite que les vacances d’été
Mais je rêve toujours
De Nina Simone
Jouant sur un piano vieux
Habillant de bleu
Les mots de l’homme que j’aspire à être
Depuis plus de vingt ans
 
A change is gonna come
Peut-être mais nous
Nous avons fini d’attendre
Avons appris
À danser sous la pluie
Rapper slamer en feat avec l’orage
Faire l’amour pendant le tremblement
De la terre qui gronde à l’infini
Nous avons fini
D’attendre
Godot et le vote des bêtes sauvages
Il y a longtemps déjà
Avons pris la route
D’être heureux
En attendant le bonheur
 
Personne
Ne dit
Freedom
Comme Nina Simone
Non personne
Ne porte
Liberté
Dans sa voix
Comme elle
La chante
L’enchante
Et lui donne
Des ailes
Pour voler vers nous
 
Nous envoler vers elle
 
Me too
I believe I can fly
Alors je fly
Tu sais
On ne guérit pas
Pas toujours
De l’enfance
La mienne fut fête
Au soleil de la tendresse
Des poèmes qui forgent
L’âme et forcent l’être
À se dépasser et à escalader
Tous les désastres
À sourire encore
À sourire toujours
Par élégance
Par pudeur
Sourire encore
Sourire toujours
À la vie qui passe
Je me répète
Plus vite que les vacances d’été
 
On apprend
À marcher
En marchant
À tomber
En tombant
À aimer
En aimant
À vivre
En vibrant
C’est si simple
Ce que je dis
Et en même temps
Il y a bien longtemps déjà
Vingt ans
Que je ne me regarde plus
Écrire
Vingt ans
Que je guette
Et quête
Le jour qui vient
Clarté profonde
En poésie
 
Personne
Ne dit
Freedom
Comme Nina Simone
Non personne
Ne porte
Liberté
Dans sa voix
Comme elle
La chante
L’enchante
Et lui donne
Des ailes
Pour voler vers nous
 
Nous envoler vers elle
 
Personne
Ne dit freedom
Comme Nina Simone
Non personne
Mon nom
Me rappelle
À la mienne
À la tienne
À la nôtre
Apôtres
Du poème
Tatoué
Sur la peau
Des mots
De l’homme que j’aspire à être
Depuis plus de vingt ans
 
So many rivers
To cross
There is
C’est si vrai
Nous en aurons
Enjambé des rivières
Et nous devrons
En enjamber encore
Pour trouver chimin
La liberté
 
Freedom
 
What else?
 
I do not know
Mais je sais
Pourquoi
Pourquoi chante l’oiseau
L’oiseau en cage
Il chante pour moi
Il chante pour toi
Il chante pour nous
Il chante pour nous dire
Que personne ne peut
Personne ne peut nous enfermer
(En nous)
À part nous-mêmes
 
Personne
Non personne
Ne dit
Freedom
Comme Nina Simone
 
Poing levés
Sourires aux rêves
Deux jeunes filles jouent
Sur une plage du sud
Elles sont belles, prunelles
Des yeux de leurs parents
Libres elles seront
Phenomenal women
Libres elles seront
Elles aussi
Poing final
Mains tendues
Vers l’horizon
La vie est soleil devant
 
MAOB
 
One Love !!!
 

L’ami des livres

La nuit
Tous les chats sont gris
Certains hommes aussi.
D’autres quant à eux
Restent bleus
Bleus noir, noir feu.
Sous le regard
Complice
De l’ami.
Des livres.
Des mots.
Encore et toujours.
Des mots.
D’orage, d’amour et d’espérance.
MAOB
Merci à Christophe Isselee Guitariste, pour la photo qui dit… beaucoup.
One Love !!!

Derrière nous Une ville rose

Derrière nous
Une ville rose
Et deux soirées bleues
De musique et de mots
 
Et là au cœur
Tout de suite maintenant
Le souvenir de cet instant
« On était cool, assis sur un banc »
 
Toulouse était doux deh
Dans le jardin d’Olga et Michel
On boit l’été, le café ou le rhum arrangé
Et on savoure serein la vie au soleil devant
 
L’amitié est un miracle
Dit l’oracle sous l’orage
Les sœurs et les frères d’âme le savent
L’amitié sauve et aide à traverser nuit du monde
 
Tu peux me croire
 
Il fait toujours beau
 
Sous les paupières
 
Des enfants du ciel
 
 
MAOB
 
One Love !!!

Du Mont Cameroun Au Mont Ventoux

Du Mont Cameroun
Au Mont Ventoux
Il n’y a qu’un poème
 
Une langue de mystère
Qui passage éclair
Sur la terre
 
Un poème
Dans le cœur
Et quelques pas franchis
Avec allégresse et joie claire
Par celles et ceux qui savent
Qu’il faut par foi
Aller voir ailleurs
Si on y est
Pour se rendre compte
Qu’on y est, aussi
Juste humaine, juste humain
Sans fard aucun ni masque de pluie
 
Un poème
Dans le cœur
Tambour
Une chanson bohème
Offerte en partage
À celles et ceux qui savent
Ce qu’il faut de jour
En soi
Pour avancer
Vers l’Autre
Avec un bouquet
De mots à la main
 
 
Depuis mes quinze printemps, je porte un poème dans le cœur. Et les années qui filent étoiles, m’apprennent à prendre soin de mon âme, à aller chercher, à aller trouver, dans la nature, la paix et le silence d’art, que les Hommes se refusent. À eux-mêmes.
 
MAOB
 
Merci au frère ami Fred Ebami, pour le travail en cours, la connivence qui nous dure depuis le terrain (de foot) de l’enfance à Bonapriso 🙂 et la folie qui nous lie et nous fait livre ensemble, bientôt.
Et na som jita encore à Elena Ventura, à Thibault, et… au n’goni 🙂, pour l’accueil en résidence artistique, et la magie du lieu.
Chère Hélène, ta maison ouverte aux nomades troubadours ménestrels et saltimbanques, est un miracle.
One Love !!!
 

Au pied Du Mont Ventoux

Il flotte
Dans l’ère
Comme
Une odeur
De jasmin
 
Émoi
Je cultive
Jardin
De proses
Célestes
Précaire
Privilégié
Je trace
Chemin
Bordé d’oliviers
 
Loin
Du vacarme
Et des tourments
Du monde
J’écris
 
J’écris
Au soleil
De la tendresse
Pour ne pas perdre
Le sud
 
J’écris
Drapé
Dans la cacophonie
De mes silences
Traversé
 
J’écris
Donc je dis
Je dis
Donc je suis
Je suis donc je vibre
 
Au recommencement
Du monde
Au mitan
De la clarté et de l’ombre
Musiciennes nostalgiques
 
J’écris
 
 
Au pied
Du Mont Ventoux
Bat le cœur
D’un arbre à paroles
De lumière et de paix
 
L’arbre dit : « L’à venir est devant devant, et la vie est ici ici, maintenant maintenant… « 
 
Je souris à la sagesse de l’arbre, à la profonde simplicité de ses mots que je cueille comme fruits pour l’esprit, viatiques pour l’âme.
 
MAOB
 
Merci à Elena Ventura et à l’association Grains de Lire, pour l’accueil chaleureux en ce lieu magique, pour une résidence artistique avec le frère ami depuis plus de trente ans, Fred Ebami.
Notre roman graphique se peaufine, se profile.
À l’horizon.
Des poèmes.
 
One Love !!!
 
 

Et Bob Marley chantait…

« Et Bob Marley chantait… »
Redemption song
Et nos voix liées
S’enlianaient à la sienne
Marronne
Plus grande que lui
C’étaient les années Fac, les années dread, les années dream, les années « Roots Rap Reggae » n’est-ce pas Samory ?
C’était moi, dans cette chambre d’étudiant à l’école de l’art de la vie, souriant à l’icône rasta à l’affiche sur le mur.
« Emancipate yourselves of mental slavery », les mots résonnent en corps, et pour toujours.
Et il est bon de se les rappeler, ces mots, en ces temps troublés.
Comme il est bon de se rappeler d’autres mots, ceux de Fanon, né martiniquais, mort algérien, qui ne cherchait rien d’autre en l’homme que l’homme : « je ne suis pas esclave de l’esclavage qui déshumanisa mes pères ». « Emancipate yourselves… », a dit le poète, prophète de Kingston.
« Et Bob Marley chantait… « 
Is this love?
Et nos voix liées
S’enlianaient à la sienne
Marronne
Plus grande que lui
C’étaient les années du boulevard de la Liberté, les années hip hop, les années new-jack, les années jam session dans le salon, ou sur le balcon quand le temps nous le permettait, on lisait à voix haute Damas, Depestre, Deleuze, Derrida, on lâchait des freestyle sur des instrus de face B, on rappait, Tupac, Lost Boyz, Mobb Deep, IAM et Solaar, et on fredonnait, en choeur avec Lauryn Hill en stéréo, « Turn your lights down low… I want to give you some love (some good good lovi’n)… »
Pour l’éternité.
« Et Bob Marley chantait… « 
No woman no cry
Et nos voix liées
S’enlianaient à la sienne
Marronne
Plus grande que lui
C’étaient les années de feu et de froid, les années d’insouciance et de prise de conscience à la fois, du monde, de ses hideurs et de ses grandeurs, humaines. C’étaient les années, d’accouchement par Césairienne des premiers textes de rage engageante, les années jamais n’arrête ton Char, « Impose ta chance, serre ton bonheur, va vers ton risque, à te regarder ils s’habitueront. », les années blanches, les années bleues, les années rouges, les années sang, les années cendres, les années avec et sans, les années loin du pater, loin du pays natal, la tête dans le « Cahier » qui m’a brûlé, les années « Fureur et mystère », les années révolutionnaires.
« Et Bob Marley chantait… »
I shot the Sheriff
Et nos voix liées
S’enlianaient à la sienne
Marronne
Plus grande que lui
C’étaient les années solidaires, si j’ai un peu tu as un peu, si j’ai beaucoup tu as beaucoup, les années galère, les années Gatsby, les années junk food, les années foot, les années folles, années « frivole la vie est une fête de ouf », les années sans couvre-feu, les années fun, les années 9 de coeur à découvert, les années sans masques, les années sans casques, les années belles, années rebelles, les années phare, far away from home les années sans passé ni futur, années au présent plus qu’imparfait mais au présent quand même, les années carpe diem, les années marche et rêve.
C’était il y a quarante ans, un 11 mai à Miami.
La vie de Robert Nesta Marley s’est arrêtée, mais celle de Tuff Gong continue, Bob enchante encore nos âmes, nous chante en corps, pour toujours, « Get up, stand up ! », et ma voix déliée, définitivement s’enliane à la sienne, marronne, sa voix plus grande que lui.
Emancipate ourselves.
MAOB
One Love !!!
Bob Marley by Fred Ebami

Au Musée du Louvre Abu Dhabi…

On est là… 🙂
Merci à la direction du Musée du Louvre, pour la place « fête » à mes mots et à ma voix, au cœur de leur collection permanente.
Merci à l’institut Français des Émirats, et à Sandrine Constant, best agent for rêveurs, pour l’organisation de tout.
Et merci à ma sister Fatima Salim Said Ali, pour la vidéo tournée à Suza, fabrique d’utopies.
One Love !!!
Louvre Abu Dhabi

Sans frayeur Se frayer Un chemin

Sans frayeur
Se frayer
Un chemin
D’amour
Vers la mer
La poésie est là, dans la musique des vagues qui roulent tendresse, caresse de houle sur mon visage d’enfant du pays de naissance de ma parole bohème.
Plus de vingt ans déjà, que je m’éparpille et me rassemble, en mots de terre de mer d’amour et de feu que je tresse en bouquets de liesse claire d’être en vie.
Kribi me rappelle à moi-même, au silence mirifique des nuits serties d’étoiles et au chant d’espérance des matins d’antan.
La poésie est là, verticale elle se tient à l’infini horizon de la mémoire du cœur du vagabond céleste que je suis devenu, en marchant.
Vers le soleil devant.
Réapprendre à vivre, c’est bien de cela qu’il s’agit. Magie de l’instant, comme souvent ici.
Or du temps.
 
MAOB
 
One Love !!!