Ciel feu

Ciel feu
Regard embrasé
Je vois bleu

Et j’écris rouge
Au pied de la montagne
des mots qui tremblent
Sur la feuille

J’écris rouge, sang
Et délie les nœuds
Délivre la langue ancienne
De mon âme, améthyste

Intranquille et serein

J’avance au milieu

De partout et de nulle part

Dans le ventre du poème

Je suis pour LA VIE

Un garçon aux semelles de vent

Homme qui marche de travers

Sur mille et un chemins de transe

MAOB

One Love !!!

#LifeisAPoetrip
#écrirejustejusteécrire
#OnTheMoonForLove
#ResterVivantvoirmoins

Cœurversation avec la montagne…

Cœurversation avec la montagne…
– Quel âge as-tu ?
– J’ai l’âge lyrique de Kundera
– Et qu’es-tu venu chercher ici ?
– Un peu de moi, beaucoup du tout
– Mais encore ?
– Un brin de paix, une ligne d’horizon à fixer un bouquet de mots à la main
– Et de la lumière ?
– Oui, de la lumière aussi, je suis toujours en quête de clartés
– Pourquoi ?
– Parce que je n’en aurai jamais assez, pour dissiper mes ténèbres et celles du monde
– Que puis-je t’offrir ?
– Rien d’autre, que ce que tu m’as déjà offert
– Quoi donc ?
– Le silence mirifique des derniers jours, et le rappel…
– Le rappel ?
– Oui le rappel, de ma condition, juste humaine
– Tu peux m’expliquer ?
– Oui, nous ne sommes que solitude, faite femme ou homme, femme et homme, toujours au pied d’une montagne à gravir
– Tes paroles sont celles d’un sage
-… Que je ne suis pas (rires)
– rires en écho
– Merci
– Merci, pourquoi ?
– La coeurversation
– Je t’en prie, merci à toi. Tu es sûr que je ne peux rien t’offrir ?
– Si, puisque tu insistes, je veux bien, un grand grand bol d’art, et une petite part de nuage pour Ange, Maëlle et Léa
– Qui sont Ange, Maëlle et Léa ?
– Mes enfants, mes plus beaux poèmes
MAOB
One Love !!!

Paris est une fête pour toujours

C’est une vieille dame, de fer, et de cœur, qui vous parle, Paris est une fête pour toujours, aimez la vie tendrement, souriez lui, elle vous le rendra.
Les temps sont durs pour les rêveurs, sachez qu’il en a toujours été ainsi, et pourtant.
Les rêves ne meurent pas, certains rêves ne meurent jamais. Ils traversent les nuages sous nos paupières, et sont moteurs, pulsions de vie, pour nous, femmes et hommes de plein vent.
Enfants du siècle, à la dérive nous sommes.
Dignes et debout. Comme la vieille dame.
De fer, et de cœur.
En fête.
Pour toujours.
Paris est.
MAOB
One Love !!!

Soleil dans la nuit

Suivre
Toujours
La trace
Bleue
Du poème
Qui se lève
À l’horizon
De mes mots
Soleils
Dans la nuit
 
J’ai appris à marcher en moonwalk le long de mes silences cacophones, arpentant mes vertiges en quête de jours neufs, non condamnés.
 
J’apprends encore.
 
Dans la rue, la danse.
 
Avec mon ombre de lumière.
 
 
MAOB
 
One Love !!!
 
 
 
 
 

Journal d’un confinement en pyjama 29 novembre

Dimanche 29 Novembre
Journal d’un confinement en pyjama
Dehors le monde est gris
Dedans il fait poésie
Le café fume
Et le temps file
Lentement, lentement, lentement
Au tempo de mon cœur en émoi
 
Et moi, collé à la vitre de la réalité je me demande comment, comment faire de ce temps arrêté un temps augmenté, comment, comment rester en phase et en phrase avec la beauté, même pendant la catastrophe.
 
Une âme amie m’a demandé cette semaine, pourquoi tenir un journal, et je lui ai répondu « pour rester attentif ; à quoi ? au monde, à soi, à la vie qui suit son cours … », la réponse n’est pas de moi, mais de René Depestre, poète, donc professeur d’espérance, Depestre qui fait paraître chez Actes Sud ce mois-ci, son « Cahier d’un art de vivre », promenade poétique et philosophique dans ses années à Cuba entre 1964 et 1978, page d’histoire révolutionnaire aussi où l’on croise Fidel Castro, Che Guevara, Mao Tsé-Toung et Hô Chi Minh, entre autres, mais revenons à ma revue de presse de la semaine, le confinement n’arrête pas la vie qui suit son cours en effet comme dit le poète admiré, la vie njinja la vie caillou pour certaines, pour certains, damné(e)s de la terre, femmes et hommes réfugié(e)s évacué(e)s …violemment de la Place publique, la Place de La République même, comme un symbole de l’idéal piétiné.
Liberté, égalité, fraternité, ce ne sont pas les misérables sur lesquels s’abat la foudre et la farce pardon la force républicaine, qui les ont décrétées, ces valeurs, inscrites sur le fronton des mairies et des préfectures, liberté égalité fraternité, certaines, certains, sont juste venu(e)s voir, ont vu et été vaincus après avoir été un temps convaincu peut-être qu’elles et ils pouvaient se faire une petite place au soleil du pays des droits de l’homme comme on l’appelle en oubliant de nuancer parfois un peu, la France est le pays des droits de l’homme qui a des papiers, et en ce moment en France, c’est l’hiver, froid. Et la neige, parfois recouvre l’idéal…
Heureusement, quelques-unes et quelques-uns, citoyennes, citoyens, résidentes, résidents de la République, résistent et font fondre neige au soleil des cœurs qui tiennent ensemble et incarnent le sens des mots auxquels elles et ils croient, intimement, collectivement, définitivement radicalement par foi.
Oui, « les mots ont un sens », ce n’est pas de moi non plus, mais de … Pascal Praud, merci de ne pas sourire à cette ligne, je rends à Pascal ce qui appartient à Pascal le pro de la télé à débat polémiste, vous savez cette télé qui commande à nos instincts les plus bas de réagir et surenchérir en continu, et dont les spécialistes et les experts en tout donc en rien, parfois commentent les événements et commencent leurs phrases par « on ne peut plus rien dire » tout en déroulant leurs propos en toute quiétude ensuite sur les plateaux où l’on peut disserter divaguer discriminer en direct et sans contradiction parfois, et j’insiste sur le parfois, pour la nuance, la même nuance dont je parlais plus haut et que je m’applique à moi-même car nul ne devrait en faire l’économie, nul ne devrait en être exempt.
 
La vie suit son cours, et le monde tourne mal mal, c’est « Le temps des tempêtes », certaines il faut le dire, dans un verre d’eau. Prenons Paul Bismuth, par exemple pour ne pas le nommer vraiment, Paul B qui ne me contredira pas, si je dis que la politique est une omelette et qu’on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs, oui vous pouvez applaudir la punchline j’en suis assez fier, elle a vingt ans et je la rappais dans un texte adolescent qui n’a pas pris une ride contrairement à moi, et à notre homme…d’état, ancien président mis en examen, convoqué au tribunal par des petits pois l’image est de lui, présumé innocent présumé coupable, qui avait comparé les juges d’instruction à des petits pois dans leurs boites, une première sous la cinquième République, je parle évidemment de sa comparution et non de sa comparaison, do you understand me ?
 
La vie suit son cours, vous vous souvenez ?
Comme Paris hier, Joinville-Le-Pont est une fête, les soirées de chez Castel ne sont plus, mais les oiseaux de nuit en manque battent pavillon Val-de-Marne pour des ambiances folles dingues clandestines, clubber’s clusters, on tient là un concept pour demain, je note. Pour plus tard. Enfin bref…
Poursuivons, notre tour d’actualité.
 
Littérature…
Obama casse la baraque, facile je sais et alors, Mr President publie le tome 1 de ses mémoires, Une terre promise, est succès d’édition, c’est « un vrai bouquin, bien écrit, clair, précis, anecdotique, qui raconte et décrit ». Je ne l’ai pas lu ….
Je cite Philippe Labro, permettez-moi un kif. Perso.
 
Football…
Que dis-je, tremblement de terre, Dieu est mort, Nietzsche avait tort, car Dieu était vivant jusqu’au 25 novembre 2020, jusqu’au départ de Diego Armando Maravilha Maradona El Pibe de Oro, le gamin en or de Boca Junior, passé par le Barça et le Napoli, champion du monde en 1986 avec sa sélection, Grande Diego né dans la boue d’un des quartiers les plus pauvres de Buenos Aires, Grande Diego qui aura écrit, de ses pieds magiques et de sa main divine, sa légende personnelle. Dieu est mort, vive Dieu, qui nous aura émus, fait rêver par ses dribbles et ses buts, touchés dans sa détresse et sa chute. Il y a tant à dire sur le joueur, exceptionnel et sur l’homme, controversé, tant à dire aussi sur certains matches, emblèmes de ma jeunesse sous les tropiques, comme cet Argentine-Cameroun, en ouverture du mondial 90, et Omam Biyick qui s’envole et nous met en haut, tant à dire sur les visages défaits de Maradona et de ses co-équipiers à la fin du game, des larmes de liesse à la maison à Bonapriso, tant à dire, mais laissons, Dieu est mort. Et le titre de l’équipe est fort, j’aurais signé mon article ainsi aussi, si j’étais.
Journaliste sportif.
 
Affaire d’état, pour finir…
Article 24, sécurité globale, Michel Zecler, un homme, noir, pas si clair donc, manifestement, a été tabassé par des policiers qui voulaient le contrôler … pour non port du masque. J’ai vu les images comme beaucoup, insoutenables, et allez savoir pourquoi, mon esprit bloque encore, mon esprit bloque toujours, sur la déraison de son interpellation, pardon de son agression, chez lui. Non port du masque. Non port du masque. Non port, du masque.
 
Et je n’ai rien à rajouter votre honneur.
 
Ah si, ceci, message aux mauvais flics, souriez, vous êtes filmés.
 
Gil Scott-Heron, you were wrong, The revolution will … be televised !
 
 
Dehors le monde est gris
 
Dedans il fait poésie
 
Le café fume
 
Et le temps file
 
Lentement, lentement, lentement
 
Au tempo de mon cœur en émoi
 
 
One Love !!!
 
 

Perce Le jour Qui vient

Perce
Le jour
Qui vient
Toujours
Après la nuit

Transperce
La lumière
Persévère
Le rêve acharné
D’une révolution d’amour

En vers et avec toutes et tous
Femmes et hommes
De belle volonté
Envers et contre tout
Ce qui nous accable et nous abîme
Nous emmène, au « cachot du désespoir »

Depuis l’âge de seize ans
Voyez-vous
Je suis Sisyphe heureux
Car je n’ai nulle distance, nulle distance
Avec la poésie, qui « reçoit sur rendez-vous »
Relève et élève en flamme les âmes



MAOB

À cet âge là, je savais déjà

« Il y a des mots qui font vivre
Et ce sont des mots innocents
Le mot chaleur le mot confiance
Amour justice et le mot liberté
Le mot enfant et le mot gentillesse
Et certains noms de fleurs et certains noms de fruits Le mot courage et le mot découvrir
Et le mot frère et le mot camarade
Et certains noms de pays de villages
Et certains noms de femmes et d’amies »
Paul Éluard
À cet âge là, je savais déjà, que certains mots me feraient vivre, et augmenteraient ma vie.
Et si j’écris aujourd’hui, avec encore et toujours la même urgence, la même ferveur, c’est aussi pour dire et redire, au gamin sur la photo, que je ne trahirai jamais son rêve de plein jour.
MAOB
One Love !!!

ô Cameroun berceau de nos ancêtres

« ô Cameroun berceau de nos ancêtres,
Va debout et jaloux de ta liberté
Comme un soleil
Ton drapeau fier doit être
Un symbole ardent
De joie et d’unité … »
Notre hymne résonne. Fort.
Notre hymne résonne, sauf en nous Camerounais, du pays et d’ailleurs, qui devons faire face à un monstre que nous avons enfanté nous-mêmes et nourri toutes et tous, ensemble, de mots, gestes et pensées, d’humour imbécile et abject, d’insultes contre nous-mêmes, un monstre qui finira peut-être par sonner le glas d’une nation fragile comme le sont toutes les nations, surtout quand elles occultent le sens commun,surtout quand elles s’obstinent, aveuglément, à refuser d’accepter leur diversité.
Je regarde un pays, mon pays, quitté il y a plus de vingt ans.
Mon pays qui ne me quitte pas, m’accompagne dans ma marche du monde. Je regarde impuissant, un pays, mon pays, se déchirer. Et je pense à Um Nyobè. Mumié. Martin Paul Samba. Douala Manga Bell.
Tous morts.
Pour le Cameroun.
Le Cameroun. Un et indivisible. Dans l’idéal.
J’aime et j’ai mal à ce pays en moi de toujours ourlant mon âme à feu hurlant mon enfance dans le ventre de ma terre. Mère.
J’aime et j’ai mal à ce pays en moi de toujours.
Que faire pour inverser le cours de l’histoire qui court à notre perte ? cette histoire sans tête, criblée de dettes de sang.
Que faire ? Certains se le demandent encore.
D’autres, ont abandonné. L’espoir de revoir un printemps.
L’espoir de sortir du marasme.
Haut les cœurs. Morts. Atrophiés.
Nous sommes.
Livrés à nous-mêmes.
Et à nos démons intérieurs.
Et pendant ce temps-là, notre hymne résonne. Fort.
Pourtant nous ne l’entendons pas, nous ne l’entendons plus.
Peut-être même que nous ne l’avons jamais entendu d’ailleurs, jamais entendu vraiment.
« Comme un soleil
Ton drapeau fier doit être
Un symbole ardent
De joie et d’unité… »
Le soleil s’est tu, il ne chante plus.
Et tous les symboles semblent avoir foutu le camp.
Avec la joie et l’unité. Le torchon brûle. Entre nous. Camerounais. Sidérés. Le torchon brûle. Et notre drapeau n’est pas loin. De partir en fumée aussi. Avec ce qui nous reste. De fierté, d’intégrité, d’honnêteté intellectuelle, de liberté de pensée.
Le tonnerre gronde. En nous. Et partout autour de nous.
Il pleut.
Des maux, sans mots pour les soigner ; nous sommes un peuple malade, sans remède pour nous sauver. Nous relever.
Ensemble !!!
Il pleut.
Des cordes, et des larmes sur les joues des enfants du pays.
La haine veut faire « main basse sur le Cameroun ».
Et la haine appelle la haine. Toujours.
Notre hymne résonne. Fort.
« ô Cameroun berceau de nos ancêtres
Va debout et jaloux de ta liberté… »
Les ancêtres doivent se retourner dans leurs tombes, pour ne plus nous regarder aller ainsi, aussi mal, à genoux, si peu respectueux de nous-mêmes. Sans honneur ni grandeur.
Things fall apart.
Oui ébranlé le pays l’est.
Du nord au sud. De l’ouest à l’est.
Bousculé, le pays tout entier semble basculer.
Pris dans la folie dangereuse du tribalisme et des divisions, nous allons au suicide collectif.
Comment lutter ?
Lutter contre nous-mêmes.
Lutter pour nous-m’aime.
Avons-nous d’autre choix d’ailleurs, que celui de lutter ?
Lutter pour faire advenir l’Homme enfin.
L’humain respectueux de lui-même.
Lutter pour briser nos chaînes mentales.
Lutter pour sortir de nos querelles ancestrales.
Lutter pour rompre avec la fatalité, « Le Cameroun c’est le Cameroun », « on va faire comment ? », et toutes ces phrases qui nous enferment, nous emprisonnent, nous déterminent.
Dans l’idée mortifère que rien ne peut changer, et pire que nous ne pouvons rien faire ni défaire, ni individuellement, ni collectivement.
Comment lutter ?
Pour en finir avec l’amertume et la tristesse amère qui tuent l’espérance en sursis, en détention provisoire depuis trente-six ans.
Comment lutter ?
Certains se le demandent encore.
D’autres ont abandonné, pourtant rien n’est perdu.
Nous sommes requis. Toutes et tous.
Au rendez-vous de la conquête.
De notre dignité de femmes et d’hommes.
A la rencontre de nous-m’aime.
Debout.
Enfants du mboa.
D’ici et de là-bas.
Enfants du mboa.
Et de l’instant de tendresse tant attendu.
J’aime et j’ai mal à ce pays en moi de toujours ourlant mon âme à feu hurlant mon enfance dans le ventre de ma terre.
Mère.
Je partage ici cet extrait de mon roman « Les lumières d’Oujda », parce que je n’ai pas les mots, enfin je n’ai pas d’autres mots que ceux-ci, mis dans la bouche de mon narrateur, « j’aime et j’ai mal à ce pays en moi de toujours ourlant mon âme à feu hurlant mon enfance dans le ventre de ma terre. Mère. », ce pays dans lequel sont morts samedi 24 octobre, dans la ville de Kumba, en zone anglophone, des enfants dans leur salle de classe, assassinés par des hommes. Des hommes ? je reste sans réponse, mais pas sans voix, tremblante, pour dire ma révolte, et ma tendresse aux familles endeuillées.
Que ces petits anges, reposent en paix.
J’ai mal au mboa.
MAOB
One Love !!!

La poésie ne sauvera pas le monde qui refuse d’être sauvé …

il est tard
et les joueurs de cithare
que nous sommes
sont sommés
de se taire
devant la terreur
et la peur
de vivre
 
et pourtant
même assommés
nous persistons
à avancer et sonner
trompettes
la fleur au fusil
et l’éloge bleu de poèmes
au bord des lèvres
 
la poésie ne sauvera pas le monde
qui refuse d’être sauvé
et pourtant
elle invite
encore
et c’est déjà tellement
à d’autres voies que celles du désastre
et de l’amer en partage
elle invente
toujours
des chemins de traverse sur la mer
que l’on prend par amour
Pour ne pas mourir ni vivre d’amertume
 
la poésie ne sauvera pas le monde
qui refuse d’être sauvé
C’est un fait
il m’aura fallu
longtemps
longtemps
avant de l’accepter
4 siècles
de marche
couverts d’opprobre et de boue
4 siècles
de marche
à l’ombre de l’humanité titubante
 
la poésie ne sauvera pas le monde
qui refuse d’être sauvé
c’est un fait
et pourtant
la vie court
encore
la vie couve
toujours
sous nos vestes
à gauche
nos coeurs battent chamade et charade
et l’espoir coule encore et toujours
à flot de mots, d’encre et de sang mêlés
 
il y a des têtes qui tombent
et nous obligent
à redresser les nôtres
et nous tenir
à la verticale
de nous-mêmes
debout et dignes
pour ne pas ternir
la mémoire
de celles et ceux qui ont vécu
et sont morts
dignes et debout
 
il est tard
et les joueurs de cithare
que nous sommes
sont sommés
de ne pas se taire
devant la terreur
et la peur
de vivre
nous n’avons pas le choix
nous incombe la tâche
ardue et noble
d’essayer
encore
et toujours
l’intelligence du cœur
le sens
la nuance
et la tendresse
des armes miraculeuses
 
et ni les sourires cyniques au loin, ni la violence du monde n’obscurciront nos âmes blessées, ça aussi c’est un fait …
 
MAOB
 
One Love !!!
 

Je suis (fils de) prof …

Ma mère était, enseignante, de Français et de Philosophie, à Douala, au Cameroun, où je suis né, où j’ai grandi.

Dans les livres.

Ma mère savait, éveiller chez ses élèves qui me le témoignent encore aujourd’hui alors qu’elle nous a quittés un 17 octobre noir il y a bien longtemps déjà, la curiosité de tout ce qui n’est pas soi et la conscience pleine d’eux-mêmes, une certaine ouverture d’esprit au monde.

Elle (leur et nous) répétait souvent, en substance, « tout a déjà été fait, tout a déjà été dit, tout a déjà été écrit, tout. Tout a déjà été vécu. Et pourtant, il y a tant à faire, dire, écrire et vivre encore, pour chercher et trouver l’Homme, inventer et faire advenir l’Homme, l’être humain en nous. »

Ma mère veilleuse, merveilleuse femme de Lettres, m’a inoculé le virus des littératures du monde et donné très tôt, l’amour des mots. La passion de transmettre.

Je suis fils de prof, c’est donc assez naturellement que je me suis intéressé et m’intéresse toujours au corps et au cœur de l’école. Et si j’ai fini par m’engager à mon tour, si j’ai fini par m’engager pour l’école, c’est que je pense qu’elle est un lieu de tous les possibles, capable de transformer, réduire les inégalités sociales, porter et élever certains enfants au firmament d’eux-mêmes, permettre à d’autres de découvrir en eux des capacités lumineuses et développer des compétences ou des talents insoupçonnés qui aident à sortir de tous les déterminismes.

Je nourris et mûris, expérimente sans cesse, des réflexions sur la citoyenneté qui se construit à mon sens, se forge et s’édifie dès le plus jeune âge.

À l’école, chacun peut, chacun devrait apprendre à devenir sujet et porteur de sa parole. Et l’art, la culture et la pratique artistique, sont parmi les moyens à la disposition de l’Éducation Nationale, pour permettre aux élèves d’arriver à l’expression toute entière d’eux-mêmes.

J’ai commencé à intervenir en milieu scolaire, à enseigner l’art-rencontre, l’art-thérapie individuelle et collective, l’art-résistance, l’art-pratique, car une enseignante sensible à mon travail d’artisan me l’avait demandé, convaincue que ma place était là aussi, et que je pouvais apporter quelque chose à ses élèves, une bouffée d’art frais et une vision du monde. Autre.

C’était il y a plus de dix ans.

Depuis sans relâche je m’attèle à cette tâche heureuse, utile, j’invite ici et là, des jeunes de tous les pays et toutes les cultures, à lâcher prose, oser leurs causes, écrire, dire et agir en résonance.Et je suis toujours très heureux, de nos temps d’échanges précieux, ému par leur énergie, leur poésie.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit, de leur poésie.

Avant toute chose. Mon rôle est de les révéler à eux-mêmes parfois, en leur offrant le goût d’une nouvelle praxis poétique capable de saisir le tremblement, de l’âme de l’Homme et du monde.

Mon rôle est de partager avec eux cette conviction profonde que je porte : « l’art est (comme la) vie, un engagement ! »

Ma mère disait aussi, qu’il fallait sans cesse revisiter le langage, l’histoire, les mots, et mille fois je l’ai entendue, citant Hannah Arendt, Hölderlin, Césaire et d’autres, poètes, philosophes, anciens, modernes, toutes et tous radicalement et éternellement contemporain(e)s, nous rappelant à nos droits et nos devoirs fondamentaux d’êtres humains, le droit et le devoir de réaliser une œuvre, laisser une trace car « seules les traces font rêver », le droit et le devoir de choisir et d’assumer son métier, c’est-à-dire le plein axe de sa vie, sa vocation de Femme et d’Homme, le droit et le devoir d’à part être aux yeux des autres, le droit et le devoir de vivre debout et digne, jour et nuit.

On ne peut professer que si on est habité par ce que l’on professe, alors tant que je serai habité, je continuerai à professer, déclarer ouvertement mon amour à la poésie, à exercer dans la Cité et enseigner publiquement le retour et le recours au poème, porteur de valeurs, d’humanisme et de beauté, « tous ces chemins qui nous manquent ».

La défaite et la violence adviennent souvent lorsqu’on fait taire en nos élèves ou nos enfants la quête de sens, alors nous devons éveiller chez eux la curiosité et la faim de l’esprit qui fondent notre humanité et font naître la contingence de la pensée. C’est là notre plus grande et plus belle responsabilité, d’adultes, de parents, d’enseignants, éduquer c’est permettre à celles et ceux dont nous avons la charge, de grandir en humanité et devenir chefs de projet… de leurs propres vies.

Ma mère répétait souvent, en substance, « tout a déjà été fait, tout a déjà été dit, tout a déjà été écrit, tout a déjà été vécu, mais il y a tant à faire, dire, écrire et vivre encore, pour chercher et trouver l’Homme, inventer et faire advenir l’Homme, l’être humain en nous. »

Oui, définitivement, oui, radicalement, enseigner c’est s’engager.

Et je suis.

Fils de.

Prof, et si fier.

De l’être.

Marc Alexandre OHO BAMBE

Ce texte est dédié à Jeannette OHO BAMBE, et à toutes et tous les profs du monde en premières lignes …

One Love !!!

#écrirejustejusteécrire

#JeSuisFilsDeProf