Je suis (fils de) prof …

Ma mère était, enseignante, de Français et de Philosophie, à Douala, au Cameroun, où je suis né, où j’ai grandi.

Dans les livres.

Ma mère savait, éveiller chez ses élèves qui me le témoignent encore aujourd’hui alors qu’elle nous a quittés un 17 octobre noir il y a bien longtemps déjà, la curiosité de tout ce qui n’est pas soi et la conscience pleine d’eux-mêmes, une certaine ouverture d’esprit au monde.

Elle (leur et nous) répétait souvent, en substance, « tout a déjà été fait, tout a déjà été dit, tout a déjà été écrit, tout. Tout a déjà été vécu. Et pourtant, il y a tant à faire, dire, écrire et vivre encore, pour chercher et trouver l’Homme, inventer et faire advenir l’Homme, l’être humain en nous. »

Ma mère veilleuse, merveilleuse femme de Lettres, m’a inoculé le virus des littératures du monde et donné très tôt, l’amour des mots. La passion de transmettre.

Je suis fils de prof, c’est donc assez naturellement que je me suis intéressé et m’intéresse toujours au corps et au cœur de l’école. Et si j’ai fini par m’engager à mon tour, si j’ai fini par m’engager pour l’école, c’est que je pense qu’elle est un lieu de tous les possibles, capable de transformer, réduire les inégalités sociales, porter et élever certains enfants au firmament d’eux-mêmes, permettre à d’autres de découvrir en eux des capacités lumineuses et développer des compétences ou des talents insoupçonnés qui aident à sortir de tous les déterminismes.

Je nourris et mûris, expérimente sans cesse, des réflexions sur la citoyenneté qui se construit à mon sens, se forge et s’édifie dès le plus jeune âge.

À l’école, chacun peut, chacun devrait apprendre à devenir sujet et porteur de sa parole. Et l’art, la culture et la pratique artistique, sont parmi les moyens à la disposition de l’Éducation Nationale, pour permettre aux élèves d’arriver à l’expression toute entière d’eux-mêmes.

J’ai commencé à intervenir en milieu scolaire, à enseigner l’art-rencontre, l’art-thérapie individuelle et collective, l’art-résistance, l’art-pratique, car une enseignante sensible à mon travail d’artisan me l’avait demandé, convaincue que ma place était là aussi, et que je pouvais apporter quelque chose à ses élèves, une bouffée d’art frais et une vision du monde. Autre.

C’était il y a plus de dix ans.

Depuis sans relâche je m’attèle à cette tâche heureuse, utile, j’invite ici et là, des jeunes de tous les pays et toutes les cultures, à lâcher prose, oser leurs causes, écrire, dire et agir en résonance.Et je suis toujours très heureux, de nos temps d’échanges précieux, ému par leur énergie, leur poésie.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit, de leur poésie.

Avant toute chose. Mon rôle est de les révéler à eux-mêmes parfois, en leur offrant le goût d’une nouvelle praxis poétique capable de saisir le tremblement, de l’âme de l’Homme et du monde.

Mon rôle est de partager avec eux cette conviction profonde que je porte : « l’art est (comme la) vie, un engagement ! »

Ma mère disait aussi, qu’il fallait sans cesse revisiter le langage, l’histoire, les mots, et mille fois je l’ai entendue, citant Hannah Arendt, Hölderlin, Césaire et d’autres, poètes, philosophes, anciens, modernes, toutes et tous radicalement et éternellement contemporain(e)s, nous rappelant à nos droits et nos devoirs fondamentaux d’êtres humains, le droit et le devoir de réaliser une œuvre, laisser une trace car « seules les traces font rêver », le droit et le devoir de choisir et d’assumer son métier, c’est-à-dire le plein axe de sa vie, sa vocation de Femme et d’Homme, le droit et le devoir d’à part être aux yeux des autres, le droit et le devoir de vivre debout et digne, jour et nuit.

On ne peut professer que si on est habité par ce que l’on professe, alors tant que je serai habité, je continuerai à professer, déclarer ouvertement mon amour à la poésie, à exercer dans la Cité et enseigner publiquement le retour et le recours au poème, porteur de valeurs, d’humanisme et de beauté, « tous ces chemins qui nous manquent ».

La défaite et la violence adviennent souvent lorsqu’on fait taire en nos élèves ou nos enfants la quête de sens, alors nous devons éveiller chez eux la curiosité et la faim de l’esprit qui fondent notre humanité et font naître la contingence de la pensée. C’est là notre plus grande et plus belle responsabilité, d’adultes, de parents, d’enseignants, éduquer c’est permettre à celles et ceux dont nous avons la charge, de grandir en humanité et devenir chefs de projet… de leurs propres vies.

Ma mère répétait souvent, en substance, « tout a déjà été fait, tout a déjà été dit, tout a déjà été écrit, tout a déjà été vécu, mais il y a tant à faire, dire, écrire et vivre encore, pour chercher et trouver l’Homme, inventer et faire advenir l’Homme, l’être humain en nous. »

Oui, définitivement, oui, radicalement, enseigner c’est s’engager.

Et je suis.

Fils de.

Prof, et si fier.

De l’être.

Marc Alexandre OHO BAMBE

Ce texte est dédié à Jeannette OHO BAMBE, et à toutes et tous les profs du monde en premières lignes …

One Love !!!

#écrirejustejusteécrire

#JeSuisFilsDeProf

Au pays de René Char, j’écris

Il y a
Des matins gris
Et sans espoir
Et d’autres, matinées satinées d’envies
Qui nous rappellent au désordre joyeux
Et à la lumière de nous-mêmes heureux
Instants diamants qui nous augmentent
Et nous redisent ce que nous savons déjà :
La vie vaudra toujours, toujours la peine
La peine d’être vécue, vécue pour
La beauté ineffable intraitable inaliénable
Le sourire inaltérable d’un amour inénarrable
L’éternelle étincelle d’une amitié qui scelle
Le pacte de nuits et de jours de merveille
Au pays de René Char, j’écris
Et L’isle-sur-la-sorgue devient
En mon âme améthyste
L’isle-sur-la-lune
Ville-poème de bleu toute dévêtue
Offerte à mon regard qui tremble ému
MAOB
One Love !!!

Nourrir Ma lumière De lumière

Nourrir
Ma lumière
De lumière
Et mon chant bleuté
Du chant de clarté
De la beauté qui ouvre
Chacune, chacun, à soi
Relève et élève
Chacune, chacun, vers soi
La beauté qui vertige le monde
Redonne la vue
Et fredonne l’envie
De la vie augmentée

Partout sur la terre
Les couleurs changeantes du ciel
M’appellent
Ou me rappellent
À moi-m’aime
Et à ces mots « encrés »
En mon âme, améthyste intranquille
Depuis l’âge d’art de l’adolescence :

Écrire
C’est prendre la mer

J’ai pris la mer

Par amour

MAOB

One Love !!!

#LifeisAPoetrip
#MorgesSurLaLune
#OnTheMoonForLove

Beyrouth Ville-Phénix

Beyrouth
Ville-Phénix
Maintes fois
Ressuscitée
Ressuscitera
Encore
De ses cendres
Hier
Aujourd’hui
Et demain

Le pays du cèdre
Porte en son cœur
Et en son âme
Comme une injonction
Une urgence
À vivre
Qui fonde et pousse à la fronde
Tous les pays qui ont connu
Catastrophe et désastre
La violence du monde qui est surtout
Celle des Hommes qui luttent
Contre eux-mêmes souvent
Au lieu d’agir pour eux-m’aime
Toujours

Le pays du cèdre
Porte en mon cœur
Et en mon âme
Une trace indélébile
De rose impossible
Et un parfum d’olivier
Qui invite à la paix
Après la guerre
La vie doit vaincre
Toujours
Vaille que vaille
Vaille que vaille
La vie

Le pays du cèdre m’a offert
Il y a plusieurs années déjà
L’hospitalité en poème
Dans le feu des mots de Nadia Tueni
Et la sagesse en proverbe de Rumi
Un soir d’automne à El Bourj
Éclairé à la lampe des sourires et des regards
D’enfants du Liban chantant Gibran
En chœur avec un poète Sawa
Nous étions les mêmes
Nous sommes les mêmes
Nous resterons les mêmes
Sawa

Hier
Aujourd’hui
Et demain
Beyrouth
Ville-Phénix
Je t’offre
En juste retour
Ma parole sybilline
Tressée en bouquet
Pour dire
Et redire
La vie qui nous lie
Vaille que vaille

La vie

MAOB

#écrirejustejusteécrire

« J’ai arrêté d’écrire, pour regarder passer l’écriture »

Écoutant Christian Bobin

« J’ai arrêté d’écrire, pour regarder passer l’écriture »

Et je suis devenu
Un homme à fleurs
Le temps d’un été qui rime
Avec éternité

Un homme-tournesol solaire
Solidaire
Des femmes et des hommes qui marchent
Sur la terre

En quête
D’un peu d’azur
D’un peu de bleu
D’un peu de paix

Au bord des lèvres

MAOB

One Love !!!

#écrirejustejusteécrire

Crédit photo : Léa Oho Bambe

La poésie Comme une prière À l’aube

La poésie
Comme une prière
À l’aube

Un salut
Au soleil
De l’âme

Un vœu
De feu sur une feuille
Au vent

Un SOS
Une bouteille
À l’amour

Un geste
Du cœur qui bat
Chamade, rêve et révolte

Un chemin
De croix
Et de foi

Une voie
Qui ouvre en soi
La voix

Inaliénable
Ingouvernable
De l’enfant

Qui court sur la mer
Et parle aux étoiles
Les soirs de pleine lune

MAOB

One Love !!!

Merci encore et toujours à l’ami frère Ken Wongyoukhong, pour son regard sur notre art.
De vivre. Et le salam à my man Christophe « Easy Lee », le frangin fringant à mes côtés sur la photo, prise au Festival de Musique Sacrée de Fès… Sur La Lune.


#écrirejustejusteécrire
#LifeisAPoetrip
#TourDuMondePoétique
#OASSLLExperience

La même voix Pour un monde plus juste

Graver
Dans le marbre
Du temps
Et les cœurs atrophiés
Ces mots
En noir et blanc
Les voir
Enfin
Traduits
En consciences
Et en actes
Politiques
C’est le combat
De tant de générations
Déjà
Qu’on a parfois l’impression
D’une longue marche
Sans fin
Et pourtant
On marche
On marche
On marche encore
Vers le carrefour des cultures
Et vers nous-m’aime
On marche à l’ombre
De la haine
Envers et avec toutes et tous
Vers la lumière
Et vers tout ce qui pourrait nous sauver
Nous relever et nous élever
Vers nous-mêmes
Debout
Portant la même faim
Et la même soif
La même voix
Pour un monde plus juste
Ou tout au moins
Moins injuste
Ma vie compte
Ta vie compte
Nos vies comptent
Humains, humaines
Nous sommes
Et cela devrait suffire, non ?
L’histoire est en retard
Alors en attendant que cela suffise
D’être humaine, humain juste
Il faudra marteler encore et encore
Au yeux des aveugles
Et aux oreilles sourdes
À nos colères et à nos révoltes légitimes
Que nous n’avons pas le temps des polémiques
Et des « je » d’ego et de sémantique
Nous sommes de toutes les couleurs
Et nous nous proclamons en chœur
Humaines, humains
Enfants solaires solidaires
De tous les damnés de la terre
Poing
Levé
Et main tendue
« Le combat continue »

MAOB
One Love !!!

#écrirejustejusteécrire
#BlackLivesMatter
#WeCan’tBreathe

Grandir dans la tendresse des jours

Regarder
Ses enfants
Grandir dans la tendresse des jours

Et se dire
Qu’on espère
Très fort
Et très tendre
Qu’on aura fait
Sa part
Pour leur éviter
Nos bleus
À l’âme
Nos peurs
Anciennes
Et nos colères
Noires

Se dire
Qu’on espère
Très fort
Et très tendre
Qu’on aura fait
Sa part
Pour leur offrir
Un avenir
Dans lequel
Leur couleur
Ne sera pas
Réduite à peau
De chagrin

Regarder
Cet enfant touché par la grâce
Chanter « I just want to live, God protects me »

Fondre
Devant
Tant d’humanité
Offerte
Sans fard
Ni masque
Et au fond
Me redire que Dieu
S’il existe
N’a jamais eu aucun pouvoir
Sur la violence
Des hommes qui trop souvent
Préfèrent la mort à l’amour

MAOB

One Love !!!

#Icannotbreathe

I can’t breathe

Rien, non rien
Ne semble changer
Rien de rien
Fabe avait raison
Rien ne change
À part les saisons

Et

Les mêmes toujours en danger

Chantent

Les mêmes funèbres oraisons

I can’t breathe, I can’t breathe

No more

Encore

Un corps

Noir

À terre

George hurle

I can’t breathe

Supplie

Mama, America, I can’t breathe

George pleure

Avant de mourir

Étouffé

Par la violence systématique

De la police qui tue dans la rue

En plein jour et à visage découvert

Sans gêne et sans crainte particulière

D’être inquiétée

I can’t breathe

Mains dans les poches
Le flic sourit
Il est filmé
Mais ce n’est pas du cinéma
On n’est pas à Hollywood
Mais dans la hood, la vraie vie
Et donc, dans la vraie mort
Du corps noir menotté
À l’histoire d’une nation
Qui ne vend plus
De rêve à personne
Et n’a jamais offert de trêve
Aux corps noirs
Fruits étranges
Pendus aux arbres hier
Écrasés au sol aujourd’hui
Ou criblés de balles qui ne portent pas
D’autre message que la haine d’un pays
Pour une partie de ses enfants

George est mort
Comme tant d’autres corps
Noirs aussi
Avant lui
Asphyxiés
Exécutés
Pour ainsi dire
Sur la place publique
De l’AméRISQUE
Pour les corps noirs
Coeurs de cibles
De certains cops blancs
L’Amérique est great again
À ce qu’il paraît
Tant mieux pour elle
Tant pis pour celles
Et ceux, en bas de l’échelle
Qui vivent tranquillement
Leur American nightmare
Calvaire qui dure
Pour la communauté Afro-Américaine
Depuis des siècles et des siècles
Et des siècles de larmes, de sang versé

I can’t breathe
I can’t breathe

Georgia, Georgia on my mind

I can’t breathe
I can’t breathe

Mississippi is burning

I can’t breathe
I can’t breathe

Michael Brown

I can’t…

Keith Lamont Scott

I can’t…

Eric Gardner

I can’t…

Breonna Taylor

I can’t…

Ahmaud Arbery

I can’t …

Black lives matters

I can’t

Michael, Keith, Eric, Breonna, Ahmaud,

Pour ne citer que quelques noms et sourires

Exhumés

Des oubliettes de l’histoire de l’AméRISQUE

Pour les corps

Noirs

I am not your negro

And I have… un cauchemar

I can’t breathe

I can’t breathe

Mama, I can’t,

No, I can’t

Breathe

No more

Le vent se lève pourtant

Il nous faut continuer

La longue marche

Vers la liberté

Vers la dignité

Pour chacune, pour chacun

Avec toutes

Avec tous

Femmes et hommes

Sœurs et frères

De la même couleur

D’âme rebelle

À toutes les injustices et toutes les discriminations

Qui nous assignent, nous assassinent

Partout sur la terre

Dans le silence et l’indifférence

Du monde

Parfois

La prochaine fois

Le feu

MAOB

One Love !!!