Grandir dans la tendresse des jours

Regarder
Ses enfants
Grandir dans la tendresse des jours

Et se dire
Qu’on espère
Très fort
Et très tendre
Qu’on aura fait
Sa part
Pour leur éviter
Nos bleus
À l’âme
Nos peurs
Anciennes
Et nos colères
Noires

Se dire
Qu’on espère
Très fort
Et très tendre
Qu’on aura fait
Sa part
Pour leur offrir
Un avenir
Dans lequel
Leur couleur
Ne sera pas
Réduite à peau
De chagrin

Regarder
Cet enfant touché par la grâce
Chanter « I just want to live, God protects me »

Fondre
Devant
Tant d’humanité
Offerte
Sans fard
Ni masque
Et au fond
Me redire que Dieu
S’il existe
N’a jamais eu aucun pouvoir
Sur la violence
Des hommes qui trop souvent
Préfèrent la mort à l’amour

MAOB

One Love !!!

#Icannotbreathe

I can’t breathe

Rien, non rien
Ne semble changer
Rien de rien
Fabe avait raison
Rien ne change
À part les saisons

Et

Les mêmes toujours en danger

Chantent

Les mêmes funèbres oraisons

I can’t breathe, I can’t breathe

No more

Encore

Un corps

Noir

À terre

George hurle

I can’t breathe

Supplie

Mama, America, I can’t breathe

George pleure

Avant de mourir

Étouffé

Par la violence systématique

De la police qui tue dans la rue

En plein jour et à visage découvert

Sans gêne et sans crainte particulière

D’être inquiétée

I can’t breathe

Mains dans les poches
Le flic sourit
Il est filmé
Mais ce n’est pas du cinéma
On n’est pas à Hollywood
Mais dans la hood, la vraie vie
Et donc, dans la vraie mort
Du corps noir menotté
À l’histoire d’une nation
Qui ne vend plus
De rêve à personne
Et n’a jamais offert de trêve
Aux corps noirs
Fruits étranges
Pendus aux arbres hier
Écrasés au sol aujourd’hui
Ou criblés de balles qui ne portent pas
D’autre message que la haine d’un pays
Pour une partie de ses enfants

George est mort
Comme tant d’autres corps
Noirs aussi
Avant lui
Asphyxiés
Exécutés
Pour ainsi dire
Sur la place publique
De l’AméRISQUE
Pour les corps noirs
Coeurs de cibles
De certains cops blancs
L’Amérique est great again
À ce qu’il paraît
Tant mieux pour elle
Tant pis pour celles
Et ceux, en bas de l’échelle
Qui vivent tranquillement
Leur American nightmare
Calvaire qui dure
Pour la communauté Afro-Américaine
Depuis des siècles et des siècles
Et des siècles de larmes, de sang versé

I can’t breathe
I can’t breathe

Georgia, Georgia on my mind

I can’t breathe
I can’t breathe

Mississippi is burning

I can’t breathe
I can’t breathe

Michael Brown

I can’t…

Keith Lamont Scott

I can’t…

Eric Gardner

I can’t…

Breonna Taylor

I can’t…

Ahmaud Arbery

I can’t …

Black lives matters

I can’t

Michael, Keith, Eric, Breonna, Ahmaud,

Pour ne citer que quelques noms et sourires

Exhumés

Des oubliettes de l’histoire de l’AméRISQUE

Pour les corps

Noirs

I am not your negro

And I have… un cauchemar

I can’t breathe

I can’t breathe

Mama, I can’t,

No, I can’t

Breathe

No more

Le vent se lève pourtant

Il nous faut continuer

La longue marche

Vers la liberté

Vers la dignité

Pour chacune, pour chacun

Avec toutes

Avec tous

Femmes et hommes

Sœurs et frères

De la même couleur

D’âme rebelle

À toutes les injustices et toutes les discriminations

Qui nous assignent, nous assassinent

Partout sur la terre

Dans le silence et l’indifférence

Du monde

Parfois

La prochaine fois

Le feu

MAOB

One Love !!!

Huit livres plus tard

À quinze ans je rêvais de devenir écrivain.
Rien d’autre ne m’intéressait dans la vie, en dehors de la vie elle-même, et je n’avais de plan B, ni pour elle, ni pour moi.
Huit livres plus tard, je réalise que j’ai toujours le même rêve, la même émotion, la même nécessité, et la même urgence aussi.
D’écrire.
Écrire juste, juste écrire.
Pour ne pas me noyer en mots troubles, ne rien céder aux « assassins d’aube », ne pas mourir.
Ne pas mourir, sans avoir été.

J’écris pour réunir nos solitudes.
Tailler des flûtes de promesses dans nos rires.
« Transmettre ma part de merveilleux, de rébellion, de bienfaisance. »
Dire à mes filles et à mon fils, de croire.
En eux, toujours.
Et en la vie qui passe, plus vite que les vacances d’été.

Mon geste d’écrire, selon les jours, prolonge ou précède, l’être et l’étant, la conscience et le sens de ma présence. Au monde.

J’écris.
Pour rendre hommage à un père, homme de culture, et à une mère, femme de lettres, êtres chers sans lesquels, jamais des roses n’auraient pu fleurir dans mes vers.

J’écris
Comme d’autres prient
Pour la paix de mon âme
Et la tienne, qui me lis
J’écris
Par amour
Pour la vie
À l’envol, à l’envie
J’écris, et si
Parfois je souris
Entre mes lignes
C’est pour redire
À l’enfant
L’enfant que j’ai été
Que je veille sur lui
Je veille et prends soin
De son rêve et de son cœur
De poète tambour

J’aurais pu faire plus court, mais j’avais un peu de temps, alors j’ai écrit un peu  pour partager avec vous cette belle nouvelle, je viens -enfin- de terminer de travailler sur mon roman prochain, qui paraîtra à la rentrée littéraire de septembre.

Je vous en reparle bientôt, très bientôt, ici.

MAOB

One Love !!!

p.s: la photo n’a rien à voir avec mon post, quoique… Finir un texte est toujours une victoire sur soi-même, et donc une raison d’exulter. Parce qu’on est allé au bout de soi, en trouvant les ressources et la source de lumière essentielles pour éclairer les ombres et les clartés qui nous fondent.

#écrirejustejusteécrire

La Manufacture des rêves est ouverte

« La MANUFACTURE DES RÊVES », utopie radioactive proposée par le Collectif On A Slamé Sur La Lune.

Merci à l’aîné bienveillant Soro Solo qui a accepté d’être le parrain de cette nouvelle et belle aventure lunaire, humaine.

Merci à Albert Morisseau Leroy et Fred Ebami, pour l’énergie de nos espoirs communs.

Merci à Anne Bocandé, Gaelle Rauche, Birom Ceptik Seck, pour le partage du feu et des rêves.

 Cliquez ici pour écouter le podcast

Dehors il neige C’est le printemps

Je vais sortir
Du lit
Il est 11h
Et je suis vivant
Dehors il neige
C’est le printemps
La distance des corps
Heureusement
N’est pas celle des cœurs
Vibrants

Nous sommes
Des espoirs communs
Qui crient encore
Fred a raison
Crions
Débarricadons
Nos esprits
Évadons-nous
De toutes nos prisons
Physiques et mentales

Rien n’est promis

Rien n’est donné

Rien n’est acquis

Nous sommes requis

L’heure de nous-mêmes a sonné

Il y a bien longtemps déjà

Le vent se lève
La vie se rêve
Il nous faut donc
Vivre
Dans le vent
Du rêve
Les yeux rivés
Vers l’à venir
À bâtir
De nos mains en fleur généreuses

Il fait soleil radieux
Dans les sourires des enfants
Qui parlent aux étoiles
Et voyagent à dos de baleines bleues
Autour du monde
En quête d’aurores boréales et de lunes rouges
Éclatantes, écarlates et pleines à faire frémir
La beauté elle-même
Il fait soleil radieux, ma sœur, mon frère
Envolons nos pensées mortifères

Quittons la dead zone
De nos naufrages
Démiurges
Nous sommes
Nous avons
Le pouvoir ultime
De bouleverser
Le désordre du monde
Et de rejoindre l’autre rive
À la nage

Le tunnel est long
Le chemin aussi, parfois
Mais vois-tu
Il y a de la lumière
Au bout
Et en toi, surtout
Tu trouveras, si tu cherches bien
Une phrase étincelle
Un souvenir de luciole
Pour ecalader le désastre

Le regard d’un amour tendre et pur
Le rire fracassant d’un bel ami
Et un livre, s’il ne doit en rester qu’un
Seront toujours médecines douces
Pour ton âme intranquille améthyste

Le cahier qui m’a brûlé demain
Me brûlera encore hier
Éternels, Ces airs
De jazz sous les manguiers
Nourrissent mon existence et mon chant

Et j’ai choisi
Mon camp
Un 17 octobre noir
Le camp de la poésie
Donc celui de la vie
Depuis je cultive le champ
Des possibles en nous
J’écris, pour moi, pour toi, pour toutes et tous
J’écris, comme d’autres
Plantent des arbres

Sing your song
Disait Sita
Alors je chante
Et chanterai fort rêveur
La même chanson
D’espérance sublime
Pour recoudre nos jours blessés
Donner de l’élan à nos élans
Et du souffle à nos souffles
Comme un

Je vais sortir
Du lit
Il est 11h
Et je suis vivant
Dehors il neige
C’est le printemps
La distance des corps
Heureusement
N’est pas celle des cœurs
Vibrants

MAOB

One Love !!!

*photo signée Albert Morisseau Leroy

#écrirejustejusteécrire
#OnTheMoonForLove