Un matin à Tanger …

Sortir d’atelier d’écriture, porté par l’énergie salvatrice et la poésie absolue de gamins funambules qui marchent sur le fil tendu de la vie, labyrinthe suspendu à leurs espoirs et à leurs rêves de liberté, d’égalité, de dignité pour tous.
Sortir d’atelier d’écriture, porté par les sourires et les rires aux éclats d’arc-en-ciel d’enfants êtres-anges à l’innocence fragile, sortir d’atelier d’écriture rempli de promesses d’aurores nouvelles, et apprendre que les « assassins d’aube » ont frappé, encore, semant terreur et mort sur leur passage, comprendre qu’ils ne nous laisseront pas de répit, pas de trêve.
Comprendre cela et se demander, une fraction de seconde, si ce qu’on fait n’est pas vain finalement, si continuer de parler de paix, d’amour et fraternité a un sens, dans un monde qui sombre dans la pleine ombre de lui-même, un monde qui sombre dans la pénombre de la violence aveugle, un monde qui sombre dans le chaos le plus total …
Sentir le doute se glisser insidieusement dans son esprit, et puis, être arraché à ses pensées par la voix, fluette, d’une fillette de plein vent, Aya, 14 ans, élève au Groupe Scolaire « Le Détroit » à Tanger où je passe cette semaine de printemps.
Entendre Aya me dire, « Capitaine, merci pour votre venue dans notre classe, vous avez éveillé chez certains d’entre nous, le désir de vivre utile comme vous dîtes dans vos textes. Et vous avez raison, même si nous ne pouvons pas changer le monde, nous avons le devoir de ne pas accepter que le monde nous change. Nous avons le devoir d’être et rester nous-mêmes, et nous battre pour ce que en quoi nous croyons… Je n’oublierai jamais vos mots Capitaine, jamais. Et je me battrai toujours pour ce en quoi je crois, toujours » …
Merci à Aya, 14 ans, de m’avoir rappelé au sens de ma présence au monde et à ce en quoi je crois définitivement, l’art que je respire comme d’autres l’air, l’art qui m’insuffle l’espérance lucide, militante, combattante, résistante, l’espérance qui souffre mais souffle pour toujours en moi et en toutes celles et tous ceux aux coeurs épris de vie pétrie tantôt de peines tantôt de joies plus vastes que le ciel, toutes celles et tous ceux dont les coeurs de compassion et passion explosent, en poème de paix ou en minute de silence d’Homme.

Merci à Aya, 14 ans, de m’avoir rappelé à moi-même.

Un matin, à Tanger.

MAOB

MAOB

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