Vendredi 13

Au mauvais endroit
Au mauvais moment
C’était
Eux
C’était
Nous

Au mauvais endroit
Au mauvais moment
Ils étaient
Nous étions
Sortis
Vivre
Un peu

Ils en sont
Nous en sommes
Morts

Frappés
De plein fouet
Par la foudre
Le feu
Et la fureur
De ceux qui ne croient en rien
Rien d’autre
Que la terreur

Et la haine

Au mauvais endroit
Au mauvais moment
Les mots me manquent

Ils étaient
Nous étions
Sortis
Vivre
Un peu
Ils en sont
Nous en sommes
Morts

Innocents
Frappés de plein fouet
Par la folie, et la violence aveugle
Des hommes-mitraillettes
Et des hommes-grenades
Bombes humaines
Assoiffées de sang

Ils étaient
Nous étions

Ils sont
Nous sommes

Ces gens

Innocents

Gisant
A Terre

A Beyrouth, Kigali, Maroua, Bangui, Palmyre, Le Bardo
Maiduguri, Mumbai hier

Et à Paris aujoud’hui

Capitale de la douleur

Au mauvais moment
Au mauvais endroit
Au mauvais endroit
Au mauvais moment
Les mots ne mentent
Pas

C’était
Eux
C’était
Nous
C’était eux
C’était nous

Sortis
Vivre
Un peu

Un vendredi soir
Dans la douceur
De l’automne
Et le frisson
Du début
De la fin
D’un weekend
Sanglant

C’était eux

C’était nous

Alors

Nous les continuerons

Nous vivrons
Et nous aimerons plus fort

Pour eux

Pour nous

Nous rêverons

Et nous élèverons plus haut encore

Pour eux

Pour nous

Nous chanterons et danserons en chœur

Nos poèmes d’urgence

Hymnes à la vie à l’amour

Face à la guerre et la mort

Nous voici

Nous voici
Vases brisés
Mais nous recollerons
Nos morceaux
D’humanité déchirée

Et nous nous endurcirons
Puisqu’il le faut

Mais sans perdre jamais
La tendresse

Aux ombres qui voudraient teinter l’aurore d’horreur
Et ériger entre nous des murs
Nous opposerons toujours la lumière des cœurs
Et nos corps sans armures

Nous pouvons perdre
Des batailles et des guerres
Nous pouvons même perdre
La vie à Paris qui est une fête

C’est un fait

Mais nous ne perdrons jamais
La paix

Le sens
Et l’essence
De l’existence
Qui consiste à mon sens

A traquer tous les instants et les lieux
Où transparaissent
En fragments
La poésie
La beauté
La bonté
L’éphémère éternité

D’un baiser bleu
Ou des mots de blues
Offerts
En rafale de clarté

Pour eux

Pour nous

Marc Alexandre Oho Bambe

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Une réflexion sur “Vendredi 13

  1. Merci Poète,
    D’accrocher à nos lunes d’espoir
    Une lune pleine de fleurs des chants.

    Merci,
    De combattre la guerre en dansant libre dans le ciel de nos pleurs.

    Merci,
    Tes mots sont des oiseaux aux ailes déployées à l’infini.

    Merci à toi, poète.
    De l’encre de tes larmes
    Tu dessines nos rêves.
    Des larmes de nos affres
    Tu laves nos chagrins.

    Poète,
    Tu touches l’apex de nos âmes
    Pour que leur dernier souffle
    S’étirant au firmament
    Fasse s’envoler les poussières d’étoiles
    De leur cœur d’enfant.

    Merci

    Anne-Marie

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