Vendredi 27 Novembre à Lille – Slambolada Collectif Brasil Afro Funk

Slambolada-nov-15

De retour de notre tournée estivale au Brésil du côté de Bahia, Cearà, Paraiba et Minas Gerais, … Nous vous livrerons avec Toninho Almeida et Douglas Marcolino, nos impressions en musique, poésie et images. Une incursion dans le monde de la embolada, mélangée au Slam et de précieuses rencontres avec des maîtres brésiliens du repaissante. C’est un projet évolutif et collaboratif auquel vous aussi pouvez contribuer.

Rendez-vous à la Barraca Zem à 20h30
38, rue d’Anvers – Quartier Wazemmes – Métro Gambetta, 59000 Lille

One love!!!

 

 

L’Autre JT sur France 4 – Hommage aux victimes du 13 Novembre

Merci à François Saltiel et la rédaction de l’Autre JT pour le partage des mots et du sens sur France 4 hier soir. Et encore merci à mes frères d’art et d’âme Kalimat (qui m’accompagne à la guitare), et Fred Ebami toujours là depuis plus de vingt ans. Votre présence était nécessaire.
Merci aussi, à vous qui avez regardé, à vous qui prendrez le temps de voir ou revoir ces images, ressentir ces témoignages, et ce poème.

De résistance et de paix.

One love!!!

capitaine-alexandre-kalimat-lautrejt

Vivre avec et sans

Nuit étrange, de fête et défaite du désespoir…
Et mes pensées qui volent vers vous et vont à toutes les victimes de la terreur faussement déguisée en religion, en France, au Nigeria, au Kenya, en Tunisie, en Birmanie, partout dans le monde…
Il nous faudra vivre, inlassablement vivre, vivre et rester nous-mêmes, êtres de relation que nous sommes.
Il nous faudra vivre, avec et sans la peur pour nos amis et nos familles aux quatre coins de la terre, vivre avec et sans la peur pour nous-mêmes et nos rêves fragiles, vivre avec et sans, pour ne pas perdre pied dans le réel cruel, ne pas perdre de vue ce qui nous lie à vie à d’autres êtres humains, de toutes les couleurs, toutes les cultures, toutes les nationalités, toutes les origines, toute les langues, tous les poèmes, et toutes les musiques du monde…
Vivre avec et sans, on fait comment? Comme on peut, on vivra, oui on continuera de vivre heureux en attendant le bonheur, vivre libre, vivre ivre, et « arracher la joie » qui file vers l’éternité qui tremble et semble vouloir nous dire encore, qu’au dernier soir sur cette terre, pour chacune et chacun d’entre nous avant la mort, il ne restera que la douleur ou la douceur. Je les ai écrits, je les ai chantés, et ces mots n’ont jamais eu autant de sens qu’aujourd’hui. Alors on continuera de vivre avec et sans, avec et sans la peur, avec et sans la joie que l’on perd quand s’abat sur les hommes la folie et la volonté de puissance d’autres hommes, quand tombent des enfants sous les balles ennemies, quand pleurent des mères sur les corps de leur bébés sans vie. A cause de la folie, et la volonté de puissance de l’homme loup pour l’homme lui-même…
Il nous faudra apprendre et désapprendre, à vivre avec et sans, la peur et la joie pour nous-mêmes et pour les nôtres…
J’ai quitté et perdu mon pays il y a 20 ans, j’ai appris à vivre avec et sans, je m’en suis inventé un autre, un notre, fait d’êtres humains, de toutes les couleurs, toutes les cultures, toutes les nationalités, toutes les origines, toutes les langues, tous les poèmes, et toutes les musiques du monde…

MAOB

One love!!!

Vendredi 13

Au mauvais endroit
Au mauvais moment
C’était
Eux
C’était
Nous

Au mauvais endroit
Au mauvais moment
Ils étaient
Nous étions
Sortis
Vivre
Un peu

Ils en sont
Nous en sommes
Morts

Frappés
De plein fouet
Par la foudre
Le feu
Et la fureur
De ceux qui ne croient en rien
Rien d’autre
Que la terreur

Et la haine

Au mauvais endroit
Au mauvais moment
Les mots me manquent

Ils étaient
Nous étions
Sortis
Vivre
Un peu
Ils en sont
Nous en sommes
Morts

Innocents
Frappés de plein fouet
Par la folie, et la violence aveugle
Des hommes-mitraillettes
Et des hommes-grenades
Bombes humaines
Assoiffées de sang

Ils étaient
Nous étions

Ils sont
Nous sommes

Ces gens

Innocents

Gisant
A Terre

A Beyrouth, Kigali, Maroua, Bangui, Palmyre, Le Bardo
Maiduguri, Mumbai hier

Et à Paris aujoud’hui

Capitale de la douleur

Au mauvais moment
Au mauvais endroit
Au mauvais endroit
Au mauvais moment
Les mots ne mentent
Pas

C’était
Eux
C’était
Nous
C’était eux
C’était nous

Sortis
Vivre
Un peu

Un vendredi soir
Dans la douceur
De l’automne
Et le frisson
Du début
De la fin
D’un weekend
Sanglant

C’était eux

C’était nous

Alors

Nous les continuerons

Nous vivrons
Et nous aimerons plus fort

Pour eux

Pour nous

Nous rêverons

Et nous élèverons plus haut encore

Pour eux

Pour nous

Nous chanterons et danserons en chœur

Nos poèmes d’urgence

Hymnes à la vie à l’amour

Face à la guerre et la mort

Nous voici

Nous voici
Vases brisés
Mais nous recollerons
Nos morceaux
D’humanité déchirée

Et nous nous endurcirons
Puisqu’il le faut

Mais sans perdre jamais
La tendresse

Aux ombres qui voudraient teinter l’aurore d’horreur
Et ériger entre nous des murs
Nous opposerons toujours la lumière des cœurs
Et nos corps sans armures

Nous pouvons perdre
Des batailles et des guerres
Nous pouvons même perdre
La vie à Paris qui est une fête

C’est un fait

Mais nous ne perdrons jamais
La paix

Le sens
Et l’essence
De l’existence
Qui consiste à mon sens

A traquer tous les instants et les lieux
Où transparaissent
En fragments
La poésie
La beauté
La bonté
L’éphémère éternité

D’un baiser bleu
Ou des mots de blues
Offerts
En rafale de clarté

Pour eux

Pour nous

Marc Alexandre OHO BAMBE