Nous avons bu la même eau

En ce Vendredi Slam, mon âme vagabonde perdue dans le vague, vogue vers vous pour offrir mon Salam.

Et ce texte, en partage…

Nous avons tous une majuscule.

Certains l’appellent DIEU, d’autres l’Art.

« Au commencement de TOUT était le VERBE, et le VERBE SEUL était Dieu », cette phrase m’accompagne depuis toujours, et je voudrais ici, naturellement, encore une fois rendre hommage à une mère veilleuse, merveilleuse femme de lettres qui m’a transmis l’amour des mots. Et le goût des Autres.

Soeurs et Frères HUMAINS, j’ai creusé, fouillé, bêché et trouvé en moi, puis en l’Autre, émoi et mille et un trésors d’humanité.

Soeurs et Frères HUMAINS, je vous salue, car nous avons bu la même eau.

Nous avons bu la même eau,

Une eau de vie et de feu,

Puisée à la source de l’Amour.

Nous avons bu la même eau et vivons dans l’AMOUR DE LA POESIE, l‘AMOUR DE LA LIBERTE, l‘AMOUR DE L’AMOUR, ET AINSI VONT NOS VIES…A LA MORT. 

Mais grâce à l’écriture, ce temps-cri qui dure, ce temps-éternité, labyrinthe réversible, cet art, cette « arme miraculeuse » qui transcende les différences, nous témoignons chaque jour, de notre présence au monde. 

Soeurs et Frères humains, je vous salue, et vous offre ma verve et mon verbe cri, ce verbe qui nous lie et défie la nuit qui fuit, s’échappe vers l’aurore teintée d’or ou de rêves avortés; je vous offre mon verbe, ce verbe qui nous a vu naître et renaître, ETRE, et embrasser l’humanité à pleine bouche, ce verbe nu, ce verbe cru, ce verbe qui à jamais relie nos vies à la folie de nos idées, haut placées dans le ciel d’azur bleu de nos idéaux.

Soeurs et Frères humains je vous offre ces mots, ces mots vivants, mots disant un passé omniprésent, mots tissant le futur, maudissant la fatalité, mots figeant nos souvenirs, mots gravant nos sourires, ces mots qui dansent sur des chemins de transe, ces mots qui pansent nos plaies et repensent le monde, 

CES MOTS QUI COULENT,

COMME DES LARMES DE PAIX ET D’HARMONIE RETROUVEE,

COMME LA RIVIERE DE NOS ENCRES DE SANG,

CES MOTS QUI DONNENT COEUR

AU CORPS

DE CETTE PAROLE ESSENCE QUI REMPLIT DE SENS

NOS EXISTENCES BOHEMES…

On peut traverser toute sa vie en commettant toujours la même erreur, la mienne fut de tomber amoureux d’un poème. Et je ne cesse de recommencer, guettant « l’instant de diamant », le moment où chemin d’écriture et chemin de vie se confondent en un.

Alors on apprend, alors j’ai appris, à vivre avec mes impossibilités. Et à courtiser la beauté.

Parce que que la vie passe plus vite que les vacances d’été, parce que je refuse d’échouer comme une vague vomie par l’océan tumultueux, parce que je rêve de vallées inviolées, parce que j’entend des berceuses insomnieuses et les hurlements silencieux d’hommes et de femmes insoumis en sursis, parce que je sais que je ne sais rien ou si peu, mais que le temps ne me reviendra pas si je recule, ne m’attendra pas si j’hésite, parce que je me sens prêt, à essuyer toutes les tempêtes, parce que j’exige que soient rendues leurs ailes aux enfants êtres-anges, parce que je me souviens du futur, parce que je n’oublie pas, parce que je ne peux oublier, ni le ventre qui m’a porté, ni le sein qui m’allaita, Afrique, ô mon Afrique, je reste planté là, debout comme une phrase de Césaire exhortant à se garder « de croiser les bras en l’attitude stérile du spectateur ».

Je reste planté là, Place du Souvenir d’un voyage entre les âges.

Mon esprit s’envole.

Me ramène à Dakar, en Décembre.

Et au chant d’un poète nègre, dont je remue les cendres.

« Femme nue, Femme noire,

Vêtue de ta couleur qui est vie,

De ta forme qui est beauté,

J’ai grandi à ton ombre»

J’aime à le dire, je ne ne crois qu’en ce qui transperce mon cœur. Et Dakar et son décor, mille fois ont transpercé mon cœur.

Dakar au détour

De ses nuits

Noires et blanches et

Dakar au détour

De ses jours

Enflammés

 Dakar

Et ses couleurs

Dakar

Et sa douceur

Dakar

Et ses douleurs

Dakar,

« Je te découvre

Terre promise

Du haut

D’un haut col calciné

Et ta beauté me foudroie »

Dakar et sa Médina,

Mes allées et venues Avenue Bourguiba

Le vertige à Sandaga

Dakar,

Sa cour des miracles et ses mirages

Dakar et ton visage

Afrique, ô mon Afrique

Dakar est une ville, Dakar est une île, magique Dakar est unique. 

Et sous sa tunique

Elle cache

Des mots, et des formes 

Lyriques. 

Dakar, où mon esprit erre et se perd. Dakar, au bord du fleuve de mon blues.

« Qui vit par les Arts, périra par les Arts », me lança un soir de pleine lune, un vieil oracle mal luné.

J’ai souri et me suis promis de chanter toujours, « le désespoir distingué des poètes tuberculeux, les rêves des clochards sous l’élégance des ponts blancs, la nonchalance des chalands », les frères d’ar(t)mes morts au combat, la Vie simplement. 

Depuis j’avance, j’avance sans savoir où me mèneront mes pas, ni même si demain sera.

J’avance, j’avance. Vers moi. Vers vous.

A Jacqueline LEMOINE, à qui je glisse entre ces mots un MERCI emprunté au poète Jean-Fernand BRIERRE,

un merci houleux comme la mer,

droit, comme la voile vent debout,

un merci profond,

hallucinant comme l’appel auroral du muezzin…

MERCI MADAME, pour l’être EXCEPTIONNELLEMENT HUMAIN que vous êtes. 

A vous tous aussi, slameurs, poètes, écrivains, musiciens, professeurs d’espérance, agitateurs de consciences, rencontrés à l’Ecole de l’Art de La vie ou au détour de poèmes, de spectacles dont les émotions vivent encore dans le grenier de ma mémoire, imprégnée de moments volés à l’absurdité de ce monde.

De ce monde.

Oui en effet, nous sommes de ce monde.

Et nous avons bu la même eau.

Marc Alexandre Oho Bambé

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