R.O.M

EGALITE: question vaste, qui devrait être un pilier de la République, enfin de toute République à la hauteur de l’idéal derrière le mot.

La discrimination est une violation du principe d’égalité.

DISCRIMINATION: fléau qui touche toutes les sociétés plurielles, qui n’arrivent pas s’expliquer les raisons de leur diversité.

Tant qu’il y aura des hommes…

Tant qu’il y aura des hommes, des femmes, et surtout des enfants à qui sont interdits ou refusés le droit de rêver, s’inventer une destinée, bâtir simplement un projet de vie, il faudra trouver la force de dénoncer, s’insurger, condamner l’idée même de discriminer, condamner TOUTES les discriminations.

Tant qu’il y aura des hommes…

Il faudra résister.

RESISTER:- être enclin au désordre,
– se battre CONTRE sa propre faiblesse devant l’ordre des choses établies, et l’ombre du début de tout sentiment d’indifférence au monde,
– se battre POUR réussir, malgré tout, à ne jamais perdre le goût des autres..

Depuis toujours je cherche une terre d’asile de fous, fous d’art, fous gueux aux coeurs fougueux et bienveillants, déviants vaillants, défiant la MORT par Amor de LA VIE.

Je suis un R.O.M, et mon exil prendra fin au commencement de la fin de ce livre-ailé, texte ivre dédié à mon peuple migrateur épris de liberté.

LIBERTE: – principe désuet, piétiné par les hommes qui ont dévoré les utopies,
– art abstrait, ou réalité concrète vécue par les ménestrels, les troubadours et les poètes chantant,
– idéal de vie, combat de tous les instants mené depuis la nuit des temps par des hommes intègres contre d’autres (les ogres de la première ligne), ayant tous les pouvoirs, tous sauf celui de désintégrer les rêves et tuer l’espoir…
– soleil ardent vers lequel marchent les peuples

PEUPLE: toi, moi, lui, il, elle, eux, vous, nous, ils, enfin tous ceux et celles qui croient
-à la douceur d’un long et tendre baiser qui pourrait durer trois jours,
-à la possibilité d’une île fraternelle, région du monde où les les ego se prosterneraient devant la beauté, où les différences se tairaient, pour laisser entendre les rires des enfants, les rires des enfants, les rires des enfants, les rires des enfants…

ENFANTS: – êtres-anges à l’innocence fragile
– habitants du royaume de tous les possibles
– ils vous grandissent, vous élèvent, et vous font entrevoir l’éternité
– je tu il elle nous vous eux ils, tous et toutes des fils et des filles de,
– prunelles des yeux d’une mère, une femme, essence de vie…

Je suis un R.O.M, allez leur dire, allons leur dire, que la terre est notre village, allez leur dire, allons leur dire, que nous sommes des gens simples, que nous aimons, nous rêvons, nous voulons des choses simples, du pain pour nos gosses et des roses, pour nos femmes. Du pain, oui du pain. Et des roses.

Rêver, c’est déjà être libre me murmure tous les soirs un jeune prophète vieux en son pays.
Alors allez leur dire, allons leur dire, que nous sommes des R.O.M, nègres juifs palestiniens arméniens indiens d’Amérique, damnés de la terre d’hier, d’aujourd’hui et demain, petits roumains montrés du doigt, désignés coupables de maux, tous plus grands que nous.

La vie étant le plus incertain et le plus beau d’entre tous les voyages, allez leur dire, allons leur dire que nous sommes tous des gens du voyage, allez leur dire, allons leur dire que leurs chiens peuvent toujours aboyer, nos caravanes passeront car nous avons pour nous, le feu, la force, la folie des grandes heures. De l’humanité déchue.

JE SUIS UN R.O.M, ALLEZ LEUR DIRE…

Résistant d’Outre-Mer, j’offre ces mots, à qui veut les entendre, veut les comprendre, j’offre ces mots. En partage.

Marc Alexandre OHO BAMBE

Dédié à Frantz FANON, né martiniquais, mort algérien, et qui ne cherchait « rien d’autre en l’homme, que l’homme ».

Allons leur dire…

 

MAOB

Chronique sur Africultures

Je suis un écrivain HAITIEN

Il y a toujours chez moi une raison, urgente, nécessaire, vitale, à la genèse d’un texte.

Pour celui-ci, tout a commencé par un débat, lancé comme un pavé dans la mare.

« Qu’est ce que la poésie? »

LA poésie est TOUT pour moi… sauf un ensemble rigide, de règles et techniques lexicales.

Et MA poésie est TOUT pour elle… sauf innocente.

J’ai du sang d’encre sur les mains, sur mes mots.

LA poésie est une émotion pure, un souffle, un cri, une insurrection, un séisme, un grand frisson de solitude aussi.

Et MA poésie est la preuve, comme dirait l’autre, que ma life n’est pas suffisante.

LA poésie est un moment  d’humanité retrouvée, dans le partage du poème cri quand il fait sens et donne naissance à ce sentiment d’appartenance au même monde, au même genre malgré la violence chaotique, ou le miracle, mirifique, engendrés par nos différences.

Et MA poésie est nègre, oui nègre, c’est-à-dire, profondément, viscéralement, humaine.

Je veux être, devenir ce que je suis, un poète nègre, homme d’abord avant d’être homme de lettres.

Je suis une graine d’écrivain.

Haïtien.

MAOB